Covid-19 : la rentrée scolaire en 6 questions

Covid-19 : la rentrée scolaire en 6 questions
Le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer, dans une école à Paris, le 11 mai dernier.

, publié le dimanche 30 août 2020 à 07h00

Mardi 1er septembre, plus de 12 millions d'élèves feront leur rentrée dans des conditions peu ordinaires. Le masque sera obligatoire pour les plus de 11 ans et tous les enseignants.

Les règles sanitaires en vigueur pourraient encore être durcies si la situation épidémique se dégrade. 

1. L'école sera-t-elle obligatoire pour tous ?


"L'éducation n'est pas une variable d'ajustement, ni de nos sociétés ni d'une crise sanitaire", selon le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer, qui a rejeté un report de la rentrée, réclamé par certains syndicats d'enseignants, inquiets de la résurgence de l'épidémie.




Tous les élèves feront donc leur rentrée mardi, après celle des profs lundi. Certains d'entre eux, notamment au lycée, ne sont revenus en cours que quelques jours en juin depuis la fermeture des établissements, le 16 mars dernier.

Ce retour à l'école sera "obligatoire", sauf rares exceptions qui devront être justifiées par un médecin. Les cantines seront également rouvertes. 

2. Qui doit porter un masque ?

Le masque sera obligatoire pour tous les enseignants, y compris en maternelle et pour tous les élèves de 11 ans et plus, y compris en récréation à partir du collège. Le protocole sanitaire actualisé publié jeudi sur le site du ministère de l'Education souligne que "pour les collégiens et les lycéens, le port du masque 'grand public' est obligatoire dans les espaces clos ainsi que dans les espaces extérieurs".

Le texte précise qu'il n'est "pas obligatoire lorsqu'il est incompatible avec l'activité (prise de repas, nuit en internat, pratiques sportives, etc.)". Dans ces situations, une "attention particulière" devra être portée à la "limitation du brassage et/ou au respect de la distanciation". 

En primaire, le port du masque pour les enfants ne s'impose pas, selon Jean-Michel Blanquer, qui s'appuie sur des "avis scientifiques". Il n'a cependant pas exclu de l'étendre à l'avenir aux élèves de CM1 et CM2.

3. Qui va fournir les masques ? 

Les personnels de l'Education nationale seront fournis en masques par le ministère.

Collégiens et lycéens devront, eux, se munir des leurs. Au même titre que la trousse, il s'agit désormais d'une "fourniture comme une autre", a expliqué le ministre. De nombreuses voix se sont élevées pour demander leur gratuité. Mais l'exécutif maintient sa décision de ne pas fournir de masques gratuits aux élèves, sauf pour les plus précaires.

Mais plusieurs collectivités vont distribuer des masques à tous les élèves concernés : les régions Ile-de-France, Hauts-de-France et et Occitanie, les départements des Hauts-de-Seine, de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne, les Alpes-Maritimes, le Puy-de-Dôme, la Saône-et-Loire, le Tarn, la Seine-Maritime... Ce sera aussi le cas de la ville de Paris. 

4. Les règles de distanciation sociale sont-elles toujours en vigueur ? 

Le protocole sanitaire qui régit la rentrée, publié fin juillet, avant une nouvelle poussée de l'épidémie, met l'accent sur le respect des gestes barrières mais allège les règles de distanciation sociale. Celle-ci n'est plus obligatoire lorsqu'elle n'est "pas matériellement possible" ou qu'elle "ne permet pas d'accueillir la totalité des élèves".

De même, la limitation du brassage entre classes et groupes d'élèves n'est plus obligatoire mais simplement "recommandée". Au lycée, il est notamment conseillé d'éviter les brassages entre les différents niveaux.

Quant aux craintes d'une forte circulation du virus dans des classes bondées, à plus de 30 ou 35 élèves, "aujourd'hui on considère que le port du masque compense (l'absence de) la distanciation physique", a-assure le ministre. 

5. Que se passera-t-il en cas de suspicion de cas à l'école ? 

Si un enfant ou un personnel est symptomatique, des tests seront réalisés. Ceci afin de "remonter la chaîne de contamination pour prendre des mesures d'isolement". Des "tests aléatoires" pourront aussi être faits, a indiqué Jean-Michel. Cela pourra conduire à la fermeture d'une classe, voire d'une école, après décision prise avec les autorités de santé. "Notre objectif est d'être capable de réagir dans les 48 heures à chaque fois que des symptômes sont signalés", affirme le ministre.

6. Et si l'épidémie repart ?

Le ministère compte sur les "capacités d'adaptation" de chaque territoire. En cas d'activation de la circulation du virus dans une zone géographique donnée, comme actuellement en Ile-de-France ou dans les Bouches-du-Rhône, des mesures plus strictes pourraient être décidées. La limitation du brassage des élèves dans ces zones pourrait donc bientôt être annoncée.

S'il faut mettre de nouveau en place un enseignement hybride, mi-présentiel, mi-distanciel, comme après le confinement, "nous y sommes prêts", assure le ministre.

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