Covid-19 : la quatrième vague commence à "franchir les portes de l'hôpital", indique Gabriel Attal

Covid-19 : la quatrième vague commence à "franchir les portes de l'hôpital", indique Gabriel Attal
Des patients malades du Covid-19 hospitalisés à Bastia en Corse, le 5 août 2021.

publié le vendredi 06 août 2021 à 16h35

"L'augmentation du nombre des nouvelles hospitalisations et admissions en soins critiques s'est accélérée" la semaine dernière, a confirmé vendredi l'agence Santé publique France. 

"Nous commençons à voir la quatrième vague franchir les portes de l'hôpital", a déclaré, vendredi 6 août, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, lors d'un déplacement à Avignon, évoquant notamment "une augmentation très sensible du nombre de personnes admises". "L'épidémie est là, elle circule toujours" et "de manière forte", a martelé Gabriel Attal qui a toutefois ajouté qu'il n'y avait "pas de fatalité à ce que cette quatrième vague submerge et déferle sur notre hôpital comme nous l'avons vu dans les vagues précédentes", soulignant que la vaccination "protège des formes graves de l'épidémie".

Dans son point hebdomadaire sur la pandémie publié vendredi, Santé publique France (SpF) dresse le même constat. "L'augmentation du nombre des nouvelles hospitalisations et admissions en soins critiques s'est accélérée" la semaine dernière, "confirmant le retentissement hospitalier de cette quatrième vague épidémique" de Covid-19, souligne l'agence sanitaire, qui note un rajeunissement des patients hospitalisés.



Ainsi, 3.531 patients atteints de Covid-19 ont été admis à l'hôpital la semaine dernière, soit quasiment deux fois plus (+92%) que la semaine précédente, précise l'agence qui rappelle que la semaine précédente, cette augmentation n'était que de 51%. Dans les services de soins critiques, qui prennent en charge les malades les plus graves, les admissions ont doublé (+98% à 746) après une hausse de 81% la semaine précédente. 

Les taux d'hospitalisation sont "en augmentation dans la majorité des régions" et les plus élevés en Corse, Provence-Alpes-Côte d'Azur et Occitanie où les Plans blancs ont été réactivés cette semaine, ainsi qu'en Martinique et en Guadeloupe, où des confinements ont été décidés.

Par ailleurs, "le nombre de décès liés à la Covid-19 a augmenté pour la deuxième semaine consécutive", avec 272 morts la semaine dernière, soit 93% de plus que la semaine précédente, indique encore l'agence sanitaire. 

En outre, "l'âge médian des patients à leur admission à l'hôpital" est "en diminution", rapporte Santé publique France.

La semaine dernière, il était de 57 ans, contre 63 ans l'année dernière à la même période. Cet âge médian "avait augmenté jusqu'en novembre 2020 pour atteindre 79 ans puis avait diminué de manière continue à partir de décembre 2020", indique l'agence.

"Cette observation reflète l'impact de la vaccination", débutée fin décembre 2020, "qui ciblait en priorité les plus âgés", qu'on a donc "mécaniquement" moins retrouvés parmi les personnes hospitalisées, a expliqué Nicolas Methy, épidémiologiste à Santé publique France, lors d'un point presse en ligne.

L'âge médian des patients à leur admission en soins critiques est également en diminution : il était de 59 ans la semaine dernière contre 61 ans l'année dernière à la même période. Il "avait augmenté jusqu'en décembre 2020 pour atteindre 71 ans puis avait diminué à partir de janvier 2021", précise Santé publique France.

Côté contaminations, la hausse se poursuit, mais on n'observe plus la flambée des dernières semaines, alors que le variant Delta est désormais ultradominant en métropole : il représentait 93,8% des échantillons séquencés le 20 juillet. "Nous constatons au niveau national depuis quelques jours une forme de plateau", a estimé Gabriel Attal, avant de préciser : "Mais c'est un plateau de haute attitude et il n'y a pas aujourd'hui de descente assurée".



En effet, si le taux de reproduction, c'est-à-dire le nombre moyen de personnes contaminées par chaque nouveau cas, a reflué à 1,27 la semaine dernière, contre 1,89 la précédente, "il reste significativement supérieur à 1, ce qui signifie que l'épidémie continue de progresser", a indiqué Nicolas Methy.

Le taux d'incidence a lui augmenté de 17% pour s'établir à 225 nouveaux cas pour 100.000 habitants lors de la dernière semaine de juillet, après avoir bondi de 94% la semaine précédente. "Les taux d'incidence restaient les plus élevés chez les 10-39 ans, mais l'augmentation cette semaine était plus marquée chez les 40 ans et plus, reflétant la diffusion de l'épidémie des personnes les plus jeunes vers les plus âgées", observe SpF. Une légère baisse (-6% à 576/100.000) est par ailleurs observée chez les 20-29 ans, tranche d'âge où le virus circule le plus, un "premier signal" positif à confirmer dans les prochaines semaines.

"Dans un contexte de forte circulation virale, de forte diffusion du variant Delta et de congés estivaux, la vaccination de toutes les personnes éligibles - notamment celles au contact de personnes vulnérables - doit continuer à être fortement encouragée pour atteindre un niveau suffisant d'immunité collective et éviter de nouvelles tensions hospitalières et des décès en excès", souligne l'agence sanitaire. 
 

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