Covid-19 : colère des médecins généralistes, privés de vaccins au profit des pharmaciens

Covid-19 : colère des médecins généralistes, privés de vaccins au profit des pharmaciens
(Photo d'illustration)

, publié le lundi 08 mars 2021 à 15h28

Selon une note envoyée dimanche par le ministère de la Santé, la livraison de vaccins AstraZeneca ne sera ouverte qu'aux pharmaciens cette semaine. Une annonce qui passe mal chez les médecins libéraux, plusieurs syndicats réclamant la démission du directeur général de la santé (DGS) Jérôme Salomon.

Face à une épidémie de Covid-19 en hausse persistante, l'exécutif a donné un coup d'accélérateur à la campagne de vaccination ce week-end et compte continuer sur sa lancée.

A compter de lundi, les pharmaciens vont pouvoir passer commande pour vacciner à leur tour à "partir de la semaine du 15 mars", comme l'avait annoncé le Premier ministre Jean Castex jeudi dernier lors de sa conférence de presse. Mais en conséquences, les médecins généralistes qui vaccinent en cabinet depuis le 25 février ne seront pas livrés. 




"Pour la semaine du 8 mars, la commande ne sera ouverte que pour les besoins propres des officines, il ne sera pas possible de prendre des commandes pour les médecins compte tenu du nombre de doses livrées par AstraZeneca (environ 28.000 flacons disponibles à la commande)", explique le ministère dans une note "DGS-Urgent" adressée dimanche 7 mars à ces deux catégories de professionnels de santé. De quoi rendre furieux les médecins. 

"C'est un scandale. Ils sont en train de déshabiller Paul pour habiller Pierre", s'est insurgé lundi matin auprès du Parisien Jean-Paul Hamon, médecin généraliste basé à Clamart (Hauts-de-Seine) et président d'honneur de la Fédération des médecins de France, craignant de devoir annuler des rendez-vous. "C'est inacceptable", a également réagi Patrick Bouet, président du Conseil national de l'Ordre des médecins, sur franceinfo. "Les médecins sont au rendez-vous. Les doses doivent être au rendez-vous parce qu'il n'y aurait rien de pire que de décevoir les patients qui, aujourd'hui, sont volontaires pour se faire vacciner", a-t-il insisté.

Les syndicats réclament la tête de Jérôme Salomon

"Pour céder au caprice des pharmaciens, la direction générale de la santé décide que les médecins ne pourront pas vacciner la semaine prochaine alors que tous les rendez-vous sont déjà pris", a également déploré le syndicat des médecins libéraux (SML). 

La CSMF, première organisation de la profession, s'insurge également contre "une décision aberrante, incompréhensible" qui met les médecins "dans l'obligation d'annuler des rendez-vous déjà pris". "La campagne vaccinale ne va donc pas s'accélérer comme nous le pensions" mais au contraire "stagner, voire ralentir avec (ces) annulations et reprogrammations incertaines", prédit de son côté le syndicat Jeunes Médecins. Comme d'autres, l'UFMLS "demande instamment au ministre de la Santé de réagir et de stopper cette décision vécue comme une insulte par la profession".

Le syndicat MG France accuse lui la DGS de "détourner les doses prévues pour les généralistes vers les pharmacies" et "demande que soit mis fin aux fonctions des responsables de cette décision invraisemblable, dont (...) Jérôme Salomon". Le SML aussi "demande la démission du DGS (Jérôme Salomon)", qui a commis "la faute de trop". 

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