Covid-19 : l'isolement strict des malades n'est pas retenu par le gouvernement, annonce Jean Castex

Covid-19 : l'isolement strict des malades n'est pas retenu par le gouvernement, annonce Jean Castex
Jean Castex à Paris, le 10 décembre 2020.

, publié le vendredi 11 décembre 2020 à 09h03

Cette mesure soulèverait "beaucoup de questions, non seulement éthiques mais aussi sanitaires", selon le Premier ministre.

La piste de l'isolement strict et "obligatoire" des personnes testées positives au Covid-19 n'est pas retenue par le gouvernement, l'idée ne faisant "pas consensus", a affirmé jeudi 10 décembre le Premier ministre Jean Castex. Un "accompagnement renforcé" des malades sera proposé.

"Les échanges que j'ai eus ces derniers jours sur ce sujet avec les représentants politiques et parlementaires (...) m'ont conduit à la conclusion qu'une telle évolution qui passerait au demeurant par une nouvelle loi, ne faisait pas consensus", a-t-il déclaré au cours d'une conférence de presse. "Une évolution juridique qui nous conduirait, comme d'autres pays autour de nous, à rendre cet isolement obligatoire et en prévoyant un système de sanction en cas de manquement" soulèverait "beaucoup de questions, non seulement éthiques mais aussi sanitaires, avec notamment la crainte que certains hésitent à se faire dépister de peur d'être soumis à une telle contrainte", a résumé le Premier ministre.

Pour "assurer l'effectivité de l'isolement des personnes positives et de leurs cas contacts", "nous devons donc orienter nos pistes d'amélioration vers l'accompagnement renforcé des personnes malades", a ajouté Jean Castex.


Le président Emmanuel Macron avait souhaité fin novembre que "le gouvernement et le Parlement prévoient les conditions pour s'assurer de l'isolement des personnes contaminées, y compris de manière plus contraignante". Le groupe Agir ensemble, allié de la majorité à l'Assemblée nationale, avait alors déposé une proposition de loi en ce sens, mais le gouvernement avait affirmé qu'il présenterait son propre projet de loi, qualifiant l'isolement obligatoire de "piste sur la table".

L'amélioration du volet "isoler" (ou "protéger") de la stratégie de lutte contre l'épidémie de Covid-19 se fera en "renforçant les moyens humains mobilisés pour l'activité de 'tracing'", pour démarrer ce traçage "à chaque fois que possible dès la réalisation d'un test rapide positif", a détaillé le ministre de la Santé Olivier Véran.


"L'objectif c'est que chaque personne diagnostiquée positive au virus, se voie proposer une visite à son domicile par une équipe pluri-professionnelle" comprenant un(e) infirmier(e), qui pourra "réaliser des test antigéniques auprès de l'entourage qui partage le même foyer", prodiguer "des conseils sur les conditions d'isolement" ou "apporter du soutien" "si la personne n'est pas en capacité, qu'elle vit seule, qu'elle ne peut pas faire ses courses", a-t-il également annoncé.

Enfin, "nous travaillons à un document, une sorte de charte, qui sera remis au patient dès la réalisation du test, qui contiendra des conseils et qui permettra à la personne de s'engager à respecter la mise à l'abri si le test devait être positif", a ajouté le ministre.

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