Covid-19 : l'été 2021 ne sera pas comparable à celui de 2020, prévient le Conseil scientifique

Covid-19 : l'été 2021 ne sera pas comparable à celui de 2020, prévient le Conseil scientifique
La Corse, le 14 août 2020.

, publié le mardi 30 mars 2021 à 17h04

Si le Conseil scientifique salue les bienfaits de la vaccination, il affirme dans son dernier avis que la campagne est encore très insuffisante pour se projeter sur un été serein et table plutôt sur un début de sortie de crise en septembre prochain. 

Alors que l'exécutif pourrait être amené à prendre de nouvelles mesures de restrictions face à la troisième vague de Covid-19, nombreux sont ceux qui misent tout sur l'été. Mais il ne faudrait pas être trop optimiste, estime le Conseil scientifique dans son avis rendu lundi 29 mars. 



Après deux mois de confinement strict au printemps dernier, les Français avaient pu l'an dernier dès mi-mai retrouver un semblant de vie normale avec la réouverture notamment des terrasses de restaurants et de nouveau la possibilité de se déplacer.

De quoi passer de bonnes vacances, avec une météo très clémente de surcroît. "Il serait erroné de penser que l'état de l'épidémie en juin 2021 sera nécessairement identique à ce qu'il était en juin 2020", prévient néanmoins l'instance chargée de conseiller l'exécutif sur la crise sanitaire. "A l'époque, la France sortait d'un confinement strict de deux mois qui avait conduit à une faible circulation du virus en juin 2020. Des pays comme les Etats-Unis qui ont démarré l'été 2020 avec un niveau élevé d'infections ont ensuite connu une vague épidémique importante pendant cette période", rappelle-t-elle. 

Si jusqu'à présent Emmanuel Macron s'est refusé à reconfiner le pays, le Conseil scientifique juge qu'en l'absence de mesures supplémentaires le niveau de circulation du virus sera bien plus élevé en juin 2021 qu'en juin 2020. "L'intensité et la nature des mesures de contrôle mise en œuvre au cours des 2 mois qui viennent (avril et mai 2021) sont un élément clé pour anticiper l'état de la pandémie en juin 2021", estime-t-il. 

Et les vaccins ? 

S'il salue les bienfaits de la vaccination, il affirme que la campagne est encore très insuffisante pour se projeter sur un été serein. Si "les vaccins devraient réduire le nombre d'hospitalisations de façon importante par rapport à un scénario sans vaccin", ceux-ci pourraient ne pas suffire en l'absence de nouvelle mesure et avec la circulation du virus britannique, qui augmente de 60% le risque d'hospitalisation. "Les travaux de modélisation suggèrent que cet effet ne sera pas suffisant pour éviter un rebond important des hospitalisations sans un renforcement des mesures de contrôle", explique-t-il.

Le Conseil scientifique table ainsi plutôt sur une début de sortie de crise après l'été. "En septembre 2021, la couverture vaccinale devrait avoir progressé, permettant de réduire l'impact sanitaire de la pandémie", avance-t-il, avant de tempérer : "Si l'immunité collective, qu'elle soit vaccinale ou naturelle, reste inférieure à 70-80% de la population, un rebond de l'épidémie est malgré tout possible."

Lundi 29 mars, 362 nouveaux décès ont été enregistrés dans les hôpitaux, portant le bilan total à 94.983 morts, preuve que les effets de la vaccination (7,9 millions de premières doses injectées, 2,7 millions de secondes doses) sont encore très limités. 

L'exécutif mise tout sur la vaccination, avec une montée en puissance en avril, et maintient son calendrier : 10 millions de vaccinés à la mi-avril, 20 millions à la mi-mai et 30 millions à la mi-mai. Tous les Français le souhaitant devront pouvoir être vaccinés avant la fin de l'été, a assuré à plusieurs reprises Emmanuel Macron. Le Conseil scientifique juge toutefois "incertaine" à ce stade la bonne tenue de ce calendrier.

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