Covid-19 : l'élargissement de la vaccination aux plus de 70 ans va-t-il vraiment changer la donne ?

Covid-19 : l'élargissement de la vaccination aux plus de 70 ans va-t-il vraiment changer la donne ?
(Photo d'illustration)

publié le samedi 27 mars 2021 à 09h43

A partir de samedi 27 mars, les 70-74 ans sans comorbidités peuvent à leur tour se faire vacciner contre le Covid-19. Mais certains obstacles demeurent, notamment des listes d'attente à rallonge et un manque de doses.

Alors que les signes d'emballement de l'épidémie de Covid-19 se multiplient, Emmanuel Macron a promis mardi 23 mars d'accélérer encore la vaccination, en l'élargissant dès samedi 27 mars aux plus de 70 ans sans commorbidités.

Jusqu'à présent , la vaccination était proposée seulement aux plus de 75 ans, à partir de 50 ans pour les personnes souffrant de comorbidités et aux soignants. 




Les plus de 70 ans ne devaient pas rentrer si vite dans la campagne de vaccination. Mais au ministère de la Santé, on explique que d'après "des remontées de terrain", "le délai de prises de rendez-vous (des plus de 75 ans) a augmenté, suffisamment pour laisser entendre qu'il pourrait y avoir un risque de perte de doses, que les rendez-vous ne seraient pas pris".

Les 70-74 ans, qui représente 3,5 millions de Français, pourront recevoir des injections de Pfizer-BioNTech, Moderna dans un centre de vaccination ou d'AstraZeneca chez le médecin ou en pharmacie. 

La prise de rendez-vous est ouverte depuis jeudi 25 mars sur santé.fr ou sur Doctolib ou de prendre rendez-vous auprès d'un médecin ou d'un pharmacien. 

Des listes d'attente à rallonge

Mais les 70-74 ans devront certainement attendre un peu avant de pouvoir se faire réellement vacciner. Dans de nombreuses villes il faut attendre plus d'un mois pour obtenir un créneau, souligne Europe 1, qui explique que les inscriptions ont été prises d'assaut. Doctolib a notamment enregistré cette semaine 80% de demandes supplémentaires par rapport à la semaine dernière, avec un record jeudi : 480.000 rendez-vous pris en une seule journée.

Par ailleurs, si l'exécutif ouvre la vaccination à d'autres tranches de la population, les population initialement prioritaires n'ont pas toutes reçu leur vaccin. "La moitié seulement des personnes de plus de 75 ans a été vaccinée", expliquait mercredi sur RTL l'infectiologue et membre du Comité vaccin Covid-19 Odile Launay, ajoutant également qu'on "n'est qu'à la moitié des soignants vaccinés".

Pas assez de doses

En dehors de ces listes d'attente à rallonge, le manque de dose se fait aussi parfois ressentir, notamment à cause de la suspension la semaine dernière de la diffusion d'AstraZeneca après le signalement de cas de coagulation sanguine, indique BFMTV. "Aujourd'hui les médecins généralistes sont freinés dans leur élan par un approvisionnement insuffisant", a déploré, dans un communiqué publié mercredi, le syndicat de médecins généralistes MG France. "Les dotations de vaccin AstraZeneca ne permettent pas de déployer une offre de vaccination répondant aux besoins exprimés par la population".

Pour vraiment accélerer la campagne de vaccination, le syndicat et Renaud Nadjahi, président de l'URPS Pharmaciens d'Île-de-France, plaident pour que les pharmaciens et médecins se voient également confier des doses des vaccins ARN Pfizer et Moderna. 

La promesse de l'arrivée dès avril du vaccin de Johnson and Johnson devrait néanmoins accélérer la campagne vaccinale et d'une hausse de livraison de fizer, conjuguée avec l'autorisation des vétérinaires et dentistes à vacciner. Cette recommandation de la Haute autorité de santé doit néanmoins encore être entérinée par le gouvernement. 

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