Covid-19 : l'assouplissement du protocole sanitaire à l'école fâche des syndicats

Covid-19 : l'assouplissement du protocole sanitaire à l'école fâche des syndicats
Un professeur le 4 février à Rennes.

, publié le lundi 15 février 2021 à 09h00

Le syndicat Snes-FSU dénonce une mesure incompréhensible et irresponsable alors que le protocole sanitaire à l'école a été assoupli pour les cas de variants britanniques notamment.

Encore un changement du protocole sanitaire à l'école.

La semaine dernière encore, une classe fermait automatiquement lors de la détection d'un cas de variant du Covid-19, qu'il s'agisse d'un variant brésilien, sud-africain ou britannique. Ce lundi 15 février, le protocole est assoupli. Désormais, il n'y a plus de fermeture systématique si le variant est britannique. La fermeture d'une classe n'est plus non plus systématique si un membre du personnel est infecté. Le protocole reste toutefois inchangé pour les variants sud-africains et brésiliens : un cas détecté entraîne la fermeture de la classe. "La conduite à tenir autour d'un cas confirmé de la variante britannique est la même que pour le cas général conformément aux prescriptions des autorités sanitaires (fermeture de la classe si trois cas sont confirmés NDLR). Selon l'analyse locale concernant la circulation de cette variante sur le territoire, en lien avec l'Agence régionale de santé (ARS), la fermeture de la classe pourra toutefois être envisagée dès le premier cas", détaille le ministère dans ses "questions-réponses" mises à jours le 12 février.  

Du côté des personnels d'établissement, ils ne sont plus automatiquement considérés comment cas contact, même avec trois cas de contaminations dans la classe. "Une étude approfondie des contacts déterminera si les personnels de la classe doivent être également considérés comme contacts à risque, conformément aux prescriptions des autorités sanitaires". Et si un personnel est contaminé par l'un des variants sud-africains ou britanniques, la fermeture de la classe n'est alors plus automatique. "L'apparition de l'une de ces variantes chez un personnel n'implique pas automatiquement la fermeture de la classe", lit-on dans le protocole.



Un point du protocole est toutefois renforcé, concernant les variants sud-africains et brésiliens : "Une fermeture de la classe est également mise en œuvre dès qu'un élève est identifié comme contact à risque d'un parent, d'un membre de la fratrie ou de toute personne vivant dans le même foyer que lui contaminé par une variante sud-africaine ou brésilienne".  

Des revirements qui "mettent en péril l'école"

Alors que le variant britannique est en nette progression dans certaines régions, la décision du ministère de la Santé fâche les syndicats. A Dunkerque, notamment, près de 70 % des nouveaux cas présentent cette mutation. Le syndicat Snes-FSU, syndicat national des enseignants du second degré, accuse le gouvernement de vouloir "casser le thermomètre" alors que le nombre de fermetures de classes étaient en nette augmentation ces deux dernières semaines. Il dénonce des mesures "incompréhensible et irresponsable. Tout montre que les variants circulent plus rapidement sur le territoire (en particulier dans les établissements scolaires), qu'ils sont, de fait, plus dangereux et... le ministère fait le choix d'alléger les règles de protection et de prévention !"

Pour le SNUipp FSU, syndicat unitaire national des instituteurs qui dénonce la troisième modification du protocole en moins de 15 jours, "les revirements du ministère mettent en péril l'école". "Avec les nouvelles règles édictées, le nombre de fermetures de classes va mécaniquement baisser, confortant ainsi la communication du ministre sur le peu de contaminations en milieu scolaire, au mépris de la santé des personnels, des élèves et des familles. Or, il ne suffit pas de casser le thermomètre pour faire baisser la fièvre. Les contaminations en milieu scolaire augmentent et cet allégement du protocole va augmenter la circulation du virus dans les écoles et les familles", argumente le syndicat dans un communiqué.

Vendredi 12 février, le ministère se l'Education nationale avaient annoncé les fermetures de 1 599 classes et 103 établissements scolaires, un chiffre en nette augmentation par rapport à la semaine précédente.
 

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