Covid-19 : l'AP-HP lance une étude nationale afin de savoir si la nicotine protège du virus

Covid-19 : l'AP-HP lance une étude nationale afin de savoir si la nicotine protège du virus©Fred TANNEAU / AFP

publié le vendredi 20 novembre 2020 à 19h37

"Les données épidémiologiques françaises montrent un taux de fumeurs actifs significativement plus faible dans la population Covid-19 que dans la population générale", explique l'AP-HP ce vendredi 20 novembre, justifiant ainsi le lancement de cette étude nationale.

La nicotine protège-t-elle vraiment du Covid-19 ? Pour tenter de le savoir, les Hôpitaux de Paris (AP-HP) vont lancer une étude nationale portant sur plus de 1.600 personnes, a-t-on annoncé ce vendredi 20 novembre. Certains d'entre eux porteront des patchs de nicotine pendant 4 à 5 mois et d'autres des patchs de placebo, afin de pouvoir comparer et vérifier si la nicotine a bien un effet préventif contre le virus.


A l'appui de cette hypothèse, l'AP-HP souligne dans son communiqué que "les données épidémiologiques françaises montrent un taux de fumeurs actifs significativement plus faible dans la population Covid-19 que dans la population générale".

"Ces données ont été aussi confirmées et renforcées par différentes études, dont l'une montrant que l'utilisation de substituts nicotiniques chez les fumeurs est associée à une baisse significative du risque d'hospitalisation pour Covid-19", poursuit-elle.

Toutefois, ce n'est surtout pas une raison pour fumer des cigarettes en espérant être protégé du Covid : "Le tabac tue beaucoup plus qu'il ne protège", met en garde l'AP-HP.

De nombreuses substances dangereuses dans le tabac

"Le tabagisme est la première cause de mort évitable encore en 2020 et rien ne permet d'espérer un rapport risque/bénéfice positif du tabagisme dans la lutte contre le Covid-19", rappellent les Hôpitaux de Paris. Le tabac contient de nombreuses substances dangereuses, comme le goudron (cancérigène) ou le monoxyde de carbone (facteur de maladies cardiovasculaires). Contrairement à ces produits, la nicotine n'est pas toxique, mais crée une forte dépendance.

On soupçonne qu'elle puisse avoir un effet protecteur contre le Covid "en inhibant la pénétration et la propagation du virus dans les cellules (grâce à une action sur les récepteurs d'entrée du coronavirus SARS-COV2)". "Elle pourrait ainsi avoir un rôle prophylactique (prévention) sur l'infection Covid-19", selon l'AP-HP.

Elle se fixe comme objectif de réunir 1.633 participants à l'étude en les recrutant parmi les "personnels soignants médicaux et non médicaux travaillant dans un établissement de santé (médecins, infirmiers, aides-soignants, kinésithérapeutes, brancardiers, manipulateurs radio, étudiants en santé...)". Ils devront être non-fumeurs (ou anciens fumeurs ayant arrêté depuis plus de 12 mois), ne pas avoir d'antécédent de Covid-19 et travailler "au contact de patients (qu'ils soient ou non atteints de Covid-19)". "L'évaluation de l'efficacité se fera à travers des examens cliniques, biologiques et des questionnaires. Le suivi de la tolérance se fera sur une application (VIK PROM disponible sur Android et IOS)", ajoutent les Hôpitaux de Paris.

Les ventes de substituts nicotiniques limitées au printemps dernier

"Les inclusions viennent de démarrer dans les hôpitaux de la Pitié-Salpêtrière et Charles-Foix (AP-HP). Elles ont vocation à s'étendre sur le territoire national dans 15 centres hospitaliers, dont le Groupe hospitalier de la région de Mulhouse et Sud-Alsace ces prochains jours", conclut l'AP-HP.



Au printemps, des chercheurs français avaient déjà émis l'hypothèse que la nicotine puisse avoir un effet protecteur contre le Covid-19. Cela avait conduit le gouvernement à limiter la vente des substituts nicotiniques pour éviter une ruée.

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