Covid-19 : l'ANSM mène des investigations sur d'éventuels "manquements" lors d'études menées par le Pr. Didier Raoult

Covid-19 : l'ANSM mène des investigations sur d'éventuels "manquements" lors d'études menées par le Pr. Didier Raoult
Le Professeur Didier Raoult le 27 août 2020 à Marseille.

publié le mercredi 21 juillet 2021 à 07h16

Les deux études, mises en cause, signées par le Pr Didier Raoult portait sur l'efficacité de l'hydroxychloroquine pour traiter le Covid-19.

Les essais cliniques concernés ont été réalisés au tout début de la pandémie. L'Agence du médicament (ANSM) a indiqué mardi 20 juillet à l'AFP mener des "investigations" concernant d'éventuels "manquements à la règlementation des essais cliniques" lors d'études sur le Covid-19.

Ces études ont été conduites à l'IHU de Marseille, dirigé par le Pr. Didier Raoult. "L'ANSM a récemment été alertée, dans le cadre de son dispositif pour les lanceurs d'alerte, sur de possibles manquements de l'IHU de Marseille à la règlementation des essais cliniques sur certaines études que l'Institut a conduit", a expliqué à l'AFP le gendarme des médicaments.



L'autorité sanitaire "mène actuellement les investigations et vérifications nécessaires" et "si les investigations mettent en évidence des manquements à la réglementation des essais cliniques" elle "prendra des mesures sanitaires pour garantir la sécurité des participants et, le cas échéant, saisira de nouveau la justice", a-t-elle assuré, confirmant une information de l'Express. 

Des études menées en mars et avril 2020

En France, toutes les études répondant à la définition des recherches impliquant des êtres humains, en particulier les essais cliniques de médicaments, doivent obtenir en amont l'autorisation de comité de protection des personnes, voire de l'ANSM elle-même. Au début de la pandémie de Covid, plusieurs scientifiques familiers des articles médicaux s'étaient alarmés des conditions de réalisation de deux études signées par le Pr Raoult, directeur de l'Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection, portant sur l'efficacité de l'hydroxychloroquine pour traiter le Covid-19.



La première, publiée le 20 mars 2020, avait bien été autorisée par l'ANSM, mais elle incluait deux mineurs et testait aussi un autre médicament, l'azithromycine, ce qui n'était pas prévu dans le protocole autorisé. La seconde, publiée le 11 avril 2020, a été présentée par l'IHU comme une étude observationnelle n'ayant pas besoin des mêmes autorisations alors qu'il s'agissait bien, selon de nombreux spécialistes, d'une étude interventionnelle puisqu'elle portait sur l'administration d'un médicament dans un autre dosage et pour une autre indication que dans les pratiques médicales courantes - l'hydroxychloroquine étant commercialisée en France pour le traitement de maladies auto-immunes comme le lupus et la polyarthrite rhumatoïde.

Une affaire d'abord classée sans suite

Un signalement de ces faits par "un professionnel de santé" a été classé sans suite en novembre 2020 par le parquet de Marseille qui a considéré les infractions dénoncées comme "insuffisamment caractérisées", selon son communiqué. Or, de nouveaux éléments sont apparus depuis, tel qu'un correctif à la première étude, publié en janvier dans la revue International Journal of Antimicrobial Agents. Mais pour relancer l'enquête, il faudrait soit que le parquet se saisisse d'office soit que l'ANSM effectue un nouveau signalement, précise l'hebdomadaire, qui souligne que l'IHU "n'a pas donné suite" à ses questions.

"Ces manquements" aux règles encadrant la recherche médicale "apparaissent comme une pratique courante au sein de l'IHU, affirme L'Express qui cite de nombreuses études d'étudiants ou de chercheurs de l'institut ces dernières années qui se sont, selon lui, affranchies des règles encadrant les expériences impliquant des êtres humains, avant même l'épidémie de Covid.

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