Covid-19 : l'allègement des contraintes sanitaires va-t-il à l'encontre de l'avis du Conseil scientifique ?

Covid-19 : l'allègement des contraintes sanitaires va-t-il à l'encontre de l'avis du Conseil scientifique ? ©ROMAIN PERROCHEAU / AFP

publié le vendredi 21 janvier 2022 à 09h49

Le Premier ministre Jean Castex a annoncé jeudi un allègement des règles sanitaires dès le 2 février. Pourtant dans son avis du 19 janvier, le Conseil scientifique plaide pour des contacts limités et le respect strict des gestes barrières pour faire face à Omicron.

"Cette 5ème vague liée au variant Omicron n'est pas terminée et son retentissement sur le système de soins, va rester élevé mais en partie gérable, et ce jusqu'à mi-mars".

Voici ce que prévoit le Conseil scientifique dans son dernier avis, rendu le 19 janvier. Une position qui contraste avec l'option choisie par l'exécutif de lever progressivement les restrictions sanitaires à partir du 2 février. 



Le conseil scientifique estime que 9 à 14 millions de Français ont été infectés par Omicron depuis le début de la vague. "Les projections suggèrent que le retentissement sur le système de soins pourrait être géré si, et seulement si, la réduction des contacts et la conservation des gestes barrières se poursuivent durant les semaines qui viennent. Ce double message d'espoir et de prudence doit être porté collectivement", appuie-t-il dans son avis.

Ecole, masques, jauges, télétravail... 

Pourtant, dès le 2 février, l'exécutif prévoit, selon les annonces du Premier ministre Jean Castex jeudi, la fin du port du masque obligatoire, du télétravail obligatoire et des jauges dans les établissements accueillant du public. Et dès le 16 février, les discothèques rouvriront, les concerts debout reprendront de même que la consommation dans les stades, transports et cinémas et la consommation debout dans les bars.


Le protocole sanitaire devrait aussi être allégé au retour des vacances d'hiver, dès le 25 février, le retour à l'école pour les élèves de la zone B. 

"Les bras m'en tombent" 

"C'est une façon de donner des perspectives aux Français. (...) Sur le plan sanitaire, c'est quand même un petit peu décalé par rapport aux avis du Conseil scientifique", a estimé vendredi 21 janvier sur franceinfo l'infectiologue Gilles Pialoux. "Ce sont des mesures qui sont annoncées sans seuil de levée des contraintes, mais surtout, sans seuil de reprise, c'est-à-dire de réactivité si les choses repartaient avec ce variant ou un autre variant", a-t-il regretté.



Le spécialiste dit son incompréhension, surtout concernant le protocole sanitaire à l'école. "La rentrée des dernières vacances de Noël montre la tranche 0-9 ans, on a eu une augmentation faramineuse avec des chiffres d'incidence qui sont au-delà de 4.000, et même de 5.000 pour les 10-19 ans. C'est un peu le calendrier de l'avent, on ouvre des portes, on ne sait pas ce qu'il y a derrière très clairement. L'idée qu'après les vacances de février, on aura un allègement, les bras m'en tombent", a-t-il ajouté.  

Selon Gilles Pialoux, "la France est quand même dans une situation plus compliquée que les autres pays européens, contrairement à ce qui est dit parfois", avec un variant Delta toujours très présent et qui pèse toujours lourdement sur l'hôpital. "Les politiques comme les auditeurs ont compris que l'hôpital tiendra. Mais il faut voir le prix que ça coûte sur le plan humain, c'est deux ans de pandémie". 

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