Covid-19 : Jean-François Delfraissy appelle les Français à rester prudents "encore trois à six mois"

Covid-19 : Jean-François Delfraissy appelle les Français à rester prudents "encore trois à six mois"
Le président du Conseil scientifique Jean-François Delfraissy, le 26 avril 2020 à Paris.

, publié le mercredi 16 décembre 2020 à 08h05

Dans un entretien au Parisien, le président du Conseil scientifique demande aux Français "un dernier effort", le temps que les connaissances et les traitements contre le Covid-19 progressent.

Alors que la France est déconfinée depuis le 15 décembre, le professeur Jean-François Delfraissy met en garde mercredi dans les colonnes du Parisien sur le risque d'une troisième vague de Covid-19. "Ce risque n'est pas négligeable, mais il faut tout faire pour l'éviter", assure-t-il, expliquant qu'il attend une reprise épidémique le 10 janvier.

"Le modèle n'a pas changé, le virus va continuer de circuler au fil de l'hiver", rappelle le président du Conseil scientifique.




D'après lui, "l'arrivée des vaccins n'aura pas d'impact sur le premier trimestre 2021 et très peu sur le deuxième". Car si la France est sortie d'un deuxième confinement, remplacé par un couvre-feu nocturne depuis 20H00, on enregistre, pour la semaine écoulée, une moyenne de 12.000 nouveaux cas positifs chaque jour (11.500 mardi), bien au-delà de l'objectif des 5.000 cas quotidiens fixé par l'exécutif. "Ce début d'année ne sera pas différent de 2020", estime-t-il. Si le vaccin ne va rien fondamentalement changer dans l'immédiat, il "sera une solution pour sortir de cette pandémie à l'été ou à l'automne 2021", précise-t-il.



L'immunologue relève que tout n'est pas encore réglé et qu'"il reste des questions, la durée de la réponse immunitaire et les effets secondaires qu'il va falloir surveiller avec une très grande attention". Pour lui, "il n'y a pas d'urgence à immuniser la France entière" et estime que "cela prendra jusqu'à fin avril, voire mai, pour immuniser les 22 millions de Français les plus à risque".  "Prenons notre temps", insiste le scientifique de 72 ans, affirmant qu'il se fera vacciner "sans hésitation" lorsque son tour viendra.

Pour éviter de voir la situation sanitaire se dégrader, l'immunologue demande ainsi aux Français "un dernier effort", le temps que les connaissances et les traitements contre le Covid-19 progressent. "La science avance, dans le silence, mais elle avance. En attendant, restons extrêmement prudents encore trois à six mois. C'est le dernier effort!", martèle-t-il. 
 

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