Covid-19 : il n'y a "pas lieu de suspendre" la vaccination avec AstraZeneca, assure Olivier Véran

Covid-19 : il n'y a "pas lieu de suspendre" la vaccination avec AstraZeneca, assure Olivier Véran
Des doses de vaccin AstraZeneca.

, publié le jeudi 11 mars 2021 à 19h55

Plusieurs pays européens ont décidé de suspendre les vaccinations avec l'AstraZeneca en raison de craintes liées à la formation de caillots sanguins. Le ministre de la Santé a indiqué avoir demandé l'avis de l'Agence nationale de sécurité du médicament qui a expliqué qu'à ce stade, il n'y a pas de lien démontré avec la vaccination. 

Alors que trois nouveaux pays européens ont décidé de suspendre par précaution les injections du vaccin anti-Covid d'AstraZeneca, le ministre de la Santé Olivier Véran a jugé jeudi 11 mars qu'il n'y avait "pas lieu de suspendre" ces injections en France. "Le bénéfice apporté par la vaccination est jugé supérieur au risque à ce stade", a-t-il affirmé lors de son point hebdomadaire sur la situation épidémique. 



Le Danemark, la Norvège et l'Islande ont pris la décision inverse en raison de craintes liées à la formation de caillots sanguins, mais ce risque n'est statistiquement pas plus fort chez les patients vaccinés avec AstraZeneca que chez les autres, a souligné le ministre.

C'est également ce qu'a estimé l'Agence européenne des médicaments (EMA), qui a conseillé de poursuivre les injections.

Olivier Véran a expliqué avoir demandé l'avis de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) sur le vaccin. "La directrice générale de l'ANSM m'a dit qu'il y a des enquêtes en cours sur des signalements, mais à ce stade, il n'y a pas de lien démontré avec la vaccination", a-t-il indiqué. "Des enquêtes sont menées systématiquement à chaque fois que des effets indésirables graves sont déclarés", a-t-il insisté.

"Mais de quoi parlons nous ? Sur cinq millions d'Européens (vaccinés avec AstraZeneca, ndlr), trente personnes ont présenté des troubles de la coagulation", a-t-il expliqué. "Chaque dossier est analysé" pour déterminer s'il existe "des liens de causalité avec la vaccination", liens qui n'ont "pas été identifiés formellement" et "surtout, cela ne constitue pas un surrisque statistique c'est-à-dire que pour cinq millions d'Européens qui ne se sont pas faits vacciner, on pourrait s'attendre à ce que trente d'entre eux présentent également des troubles de la coagulation", a-t-il poursuivi. Pour autant, "si la situation devait évoluer, nous prendrions des décisions", a-t-il assuré.

Cet épisode risque toutefois de ternir un peu plus la réputation de ce vaccin produit par le laboratoire anglo-suédois AstraZeneca. Son efficacité chez les personnes de plus de 65 ans avait d'abord été mise en doute en Europe, avant que des études se montrent rassurantes, et ses effets secondaires plus importants, proches des symptômes de la grippe, ont été pointés du doigt.

Lundi, l'Autriche avait annoncé avoir cessé d'administrer un lot de ce vaccin, après le décès d'une infirmière de 49 ans qui a succombé à de "graves troubles de la coagulation" quelques jours après l'avoir reçu. Quatre autres pays européens, l'Estonie, la Lituanie, la Lettonie et le Luxembourg, ont suspendu dans la foulée les vaccinations avec des doses provenant de ce lot, livré dans 17 pays et qui comprenait un million de vaccins. L'Italie a décidé de son côté jeudi d'interdire l'usage d'un autre lot, "à titre de précaution". L'EMA a toutefois jugé mercredi qu'il n'existait aucun lien entre le vaccin d'AstraZeneca et le décès survenu en Autriche.
 

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