Covid-19 : faut-il se méfier des furets ?

Covid-19 : faut-il se méfier des furets ?
Photo d'illustration. L'Anses recommande de faire attention avec les chats, les furets ou les hamsters.
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, publié le lundi 23 novembre 2020 à 14h30

Alors que des millions de visons ont été euthanasiés en Europe, dont un millier dans des élevages d'Eure-et-Loir, en raison de contaminations au coronavirus, le petit animal de compagnie, qui fait aussi partie de la famille des mustélidés, est-il susceptible de transmettre la maladie aux humains ? 

Après le Danemark, les Pays-Bas, la Suède, la Grèce, l'Italie, l'Espagne ou les Etats-Unis, la France a abattu ce week-end 1.000 visons d'élevages où la présence de Covid-19 a été détectée. Au Danemark ou aux Pays-Bas, comme l'indique Franceinfo, les animaux ont été contaminés par des hommes.

En effet, selon la radio, les visons et les humains ont en commun la protéine ACE2, présente à la surface des membranes des cellules des poumons, des artères et du coeur. Une porte d'entrée par laquelle le coronavirus infecte les cellules. 




Or les furets, comme les visons, sont des mustélidés. Cela les rend-il plus susceptibles de transmettre le coronavirus à l'homme ? Oui, selon un vétérinaire interrogé par Franceinfo. Loïc Dombreval, également député LREM des Alpes-Maritimes, recommande "aux propriétaires de furets d'être attentifs et de ne pas être trop proches de leur animal". 

60.000 furets de compagnie en France 

Président du groupe "Condition animale" à l'Assemblée nationale, il estime qu'"il faut regarder de plus près pour voir si (le) furet ne serait pas éventuellement porteur du coronavirus". Selon la radio, qui cite l'Identification des carnivores domestiques (Icad), il y a en France près de 60.000 furets de compagnie. 

"Le furet fait partie de la même famille que le vison, les mustélidés, c'est exactement la même famille. Il faut regarder la façon avec laquelle le virus se propage dans l'animal. Et donc, je dis aux propriétaires de furets effectivement d'être attentifs et de ne pas être trop proches de leur animal", explique l'élu. "Je pense qu'il faut regarder attentivement, sans paniquer. Les chasseurs aussi utilisent le furet, là aussi, prudence", estime-t-il. 

Pour mieux comprendre les transmissions éventuelles entre animaux et humains, Loïc Dombreval a écrit à Emmanuel Macron pour que des vétérinaires soient intégrés au Conseil scientifique. 

Les animaux ne propagent pas l'épidémie... 

La semaine dernière, l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) a affirmé que les animaux ne participent pas à la propagation du Covid-19 dans la population en France, même si certains animaux peuvent être contaminés. 

Dans un avis publié jeudi, l'agence a passé en revue les données et études scientifiques disponibles dans le monde sur de nombreuses espèces d'animaux de compagnie, d'élevage ou sauvages. "A la lumière des éléments scientifiques actuellement disponibles (...), les animaux domestiques et sauvages ne jouent pas, à ce jour, un rôle épidémiologique dans le maintien et la propagation du SARS-CoV-2 au niveau national, voire mondial", concluent les scientifiques.

Toutefois, la preuve est désormais faite que certaines espèces peuvent être contaminées et développer des symptômes, et cela "pose la question d'un risque éventuel de constitution d'un réservoir animal autre que l'humain", poursuit l'agence, qui recommande donc d'être "particulièrement vigilant" dans des situations de contacts avec ces espèces. 

... Mais certaines espèces sont à surveiller 

Parmi les animaux potentiellement les plus problématiques, les visons, seule espèce à ce jour à l'origine de contamination inter-espèce, vers l'homme et le chat. La contamination de visons a été prouvée en Espagne, aux Pays-Bas, aux Etats-Unis ou encore au Danemark. Le gouvernement danois a annoncé, début novembre, l'abattage de ses plus de 15 millions d'animaux, en raison de la découverte d'une mutation du virus, transmise à des humains et qui aurait pu menacer l'efficacité d'un vaccin. Les autorités danoises ont indiqué la semaine dernière que cette mutation est très probablement éteinte. 

De nombreux chats ont également été contaminés à travers le monde, probablement en raison de leurs contacts rapprochés avec leur propriétaire infecté. L'Anses recommande donc aux malades du Covid-19 de "respecter les gestes barrières" avec leurs animaux de compagnie, "afin de limiter les risques d'infection de l'homme à l'animal, sans pour autant compromettre leur bien-être", ou de porter un masque si le contact ne peut être éviter. 

Quelques chiens (bien moins que des chats) ont aussi été infectés, mais très peu d'entre eux ont développé des symptômes. Outre chiens et chats, l'Anses recommande la vigilance avec les furets, mais aussi les hamsters : des expériences en laboratoire ont montré qu'ils peuvent tomber malade, même si aucune contamination naturelle n'a été enregistrée. Le lapin est également susceptible d'être contaminé.

Pas les volailles 

Des contaminations de tigres, de lions et d'un puma en captivité ont également été constatées. Le macaque rhésus est aussi réceptif et susceptible de tomber malade. En revanche, des expériences en laboratoire ont montré que les poulets, dindes et canards ne sont pas réceptifs au Sars-Cov-2. Quant aux porcs et aux bovins, des études complémentaires sont nécessaires pour savoir s'ils peuvent être touchés, même si aucune contamination naturelle n'a été rapportée.

Des études se sont également penchées sur des espèces moins connues, comme le toupaye (petit mammifère arboricole d'Asie du Sud-Est), le chien viverrin (mammifère carnivore qui ressemble à un raton laveur) et la chauve-souris roussette. Toutes les trois peuvent être infectées, mais il n'y a pas d'élément disponible sur une éventuelle contamination inter-espèce. 

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