Covid-19 : faut-il dès à présent élargir la vaccination aux moins fragiles ?

Covid-19 : faut-il dès à présent élargir la vaccination aux moins fragiles ?
(Photo d'illustration)

, publié le lundi 22 mars 2021 à 10h48

Alain Fischer, le "monsieur vaccin" du gouvernement, a estimé lundi matin sur BFMTV qu'ouvrir la vaccination à plus de monde, notamment les professions les plus exposées, n'étaient pas "une bonne idée". "La priorité, c'est d'abord de protéger les personnes les plus fragiles", a-t-il martelé.



Alors que la France subit une troisième vague, certains proposent de revoir la stratégie de vaccination.

Alors qu'actuellement, la vaccination est réservée aux personnes âgées, malades chroniques et aux professionnels de santé, la maire PS de Paris Anne Hidalgo a proposé dimanche 21 mars de "débrider" la vaccination pour "l'ouvrir à tous" ceux qui le souhaitent. 

La potentielle candidate de gauche à la présidentielle de 2022, a notamment plaidé pour "la vaccination de tous ceux qui travaillent en lien avec les enfants". Les salariés "les plus exposés" au Covid-19, comme ceux de la grande distribution ou les enseignants, devraient être "prioritaires pour la vaccination", sur la base du volontariat, a également plaidé dimanche le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger. 

Il est temps maintenant de penser à vacciner "les populations exposées", a appuyé lundi matin sur franceinfo Yazdan Yazdanpanah, chef de service des maladies infectieuses de l'hôpital Bichat à Paris, membre du Conseil scientifique. "Tout dépendra des doses des vaccins, mais je pense que rapidement il faut aller vers les enseignants, les gens qui sont exposés et qui participent à la transmission. On a d'abord réfléchi aux personnes vulnérables, c'était normal, maintenant il faut réfléchir progressivement aux personnes les plus exposées. Je pense aux enseignants, les caissières, caissiers des supermarchés. Vacciner ces gens-là c'est bien pour eux et pour les autres. Donc c'est important de les faire", a-t-il insisté.

"Il faut faire des choix"

Ce n'est "pas vraiment une bonne idée", a répondu lundi matin sur BFMTV le professeur Alain Fischer, président du Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale. "Ce n'est pas un jugement politique, c'est purement scientifique", a-t-il assuré. Le "monsieur vaccin" du gouvernement a rappelé que "la priorité, c'est d'abord de protéger les personnes les plus fragiles, qui sont susceptibles d'être hospitalisées plus que d'autres, qui sont susceptibles d'aller en réanimation plus que d'autres et qui sont susceptibles de décéder". 
"La priorité c'est de sauver ces vies et de protéger autant qu'on le peut notre système hospitalier. (...) Il faut faire des choix et le choix c'est priorité toute, et après on passera aux autres", a-t-il martelé.

"Ce qui bride aujourd'hui la vaccination en France et partout dans le monde, c'est le nombre de doses", avait répondu la veille le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal sur la même antenne, rappelant qu'"aucun pays n'a encore la capacité de vacciner toute sa population". 

Mais pour la présidente (ex-LR) de la région Île-de-France Valérie Pécresse "les critères retenus par le gouvernement ne sont pas les bons" alors qu'"il faut que la vaccination aille beaucoup plus vite". Région jeune, l'Île-de-France "est la région la plus touchée et celle où on vaccine le moins": "Il faut distribuer les vaccins en fonction du nombre de personnes à risque" et "des hospitalisations" c'est-à-dire là "où le virus circule".  "C'est du bon sens, il faut qu'on arrête avec les tableaux excel!", a-t-elle lancé.
 

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