Covid-19: la France se prépare à des "décisions difficiles", peut-être un reconfinement

Covid-19: la France se prépare à des "décisions difficiles", peut-être un reconfinement
Le Premier ministre Jean Castex, masqué, à Marseille le 24 octobre 2020

, publié le mardi 27 octobre 2020 à 11h48

La France se prépare à des "décisions difficiles" qui pourraient aller jusqu'à un reconfinement, face à la progression exponentielle de l'épidémie de Covid-19 dans le pays.

Avec l'idée de préparer un nouveau tour de vis, le président Emmanuel Macron préside mardi un premier conseil de défense en présence du Premier ministre Jean Castex et d'une dizaine de ministres, coup d'envoi d'une série de réunions qui s'étaleront jusqu'à mercredi.

Dans la journée, le chef du gouvernement recevra les responsables politiques puis les partenaires sociaux à Matignon pour les "consulter" sur "les durcissements envisagés". Puis un nouveau conseil de défense se tiendra mercredi pour prendre des décisions qui seront annoncées aux Français d'ici la fin de la semaine.

"Il faut s'attendre à des décisions difficiles", a prévenu mardi le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, évoquant les nouvelles restrictions prévues en Italie, en Espagne ou en République tchèque.

La circulation du virus est "hors de contrôle", a estimé l'infectiologue Gilles Pialoux, sur la chaîne télévisée BFM-TV, appelant à "reconfiner le pays".

Lundi, le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, avait préparé le terrain, en qualifiant la situation française de "critique", et en disant craindre que la deuxième vague soit "plus forte que la première".

Le nombre de cas positifs confirmés a augmenté de 26.771 en 24 heures, selon les chiffres de Santé publique France de lundi. La veille, la France avait battu un nouveau record avec plus de 50.000 cas positifs confirmés en un jour.

Le nombre de patients en réanimation continue aussi de grimper, augmentant la pression sur les hôpitaux. Leur nombre s'élevait lundi à 2.761, pour 5.800 lits disponibles dans toute la France.

Le professeur Delfraissy a avancé lundi deux "hypothèses", dont la première est "d'aller vers un couvre-feu plus massif, à la fois dans ses horaires, dans son étendue au niveau du territoire national, et qui puisse également être mis en place le week-end". La seconde est "d'aller directement vers un confinement", mais "moins dur" et moins long que celui de mars à mai, selon lui. 

Dans ce cas, se posera la question de la réouverture des établissements scolaires le 2 novembre après les vacances de la Toussaint.

La France est de facto déjà en semi-confinement puisque deux Français sur trois sont asujettis à un couvre-feu nocturne. Cela concerne 54 départements en plus de la Polynésie, soit 46 millions de Français privés de déplacements entre 21H00 et 06H00 du matin.

Les organisations patronales ont mis en garde contre un risque d'effondrement de l'économie. "Si on reconfine totalement comme en mars, on va vers un écroulement de l'économie française, on risque de ne pas s'en remettre", a averti le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux.

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