Covid-19 et rentrée scolaire : ce qu'il faut savoir

Covid-19 et rentrée scolaire : ce qu'il faut savoir
Le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer, dans un lycée de Boulogne-Billancourt le 22 juin.

, publié le mardi 01 septembre 2020 à 07h00

Mardi 1er septembre, 12,4 millions d'élèves retournent en classe après le confinement et de longs mois sans école. Le ministre Jean-Michel Blanquer promet que cette rentrée inédite sera la "plus normale possible", malgré la crise sanitaire du coronavirus. 

"Tout ne doit pas être écrasé par la réalité sanitaire", a exhorté le ministre de l'Éducation nationale dans le Journal du dimanche.

"Il faut être vigilant, mais ne pas oublier les impératifs éducatifs et sociaux". 




Face aux inquiétudes de parents et d'enseignants, les autorités ont récemment durci le protocole sanitaire qui datait de fin juillet, à un moment où l'épidémie refluait. Principale mesure : les collégiens et lycéens, ainsi que les professeurs, doivent systématiquement porter un masque, en cours comme pendant la récréation. Le ministre envisage de rendre le masque obligatoire dès le CM1 ou le CM2

• Le masque, une fourniture scolaire comme les stylos et les cahiers 

Jean-Michel Blanquer, qui estime que le masque fait partie des "fournitures de rentrée", a décidé qu'il ne serait fourni gratuitement qu'aux familles les plus modestes. De nombreuses collectivités prennent toutefois, pendre en charge sa distribution à l'ensemble des collégiens et lycéens. 



Pour le reste, les établissements scolaires fonctionnent de manière à permettre l'accueil de tous les élèves. Le protocole sanitaire a nettement allégé les règles sur la distanciation sociale, qui n'est plus obligatoire quand elle n'est pas matériellement possible. 

De même, la limitation du brassage des élèves est seulement recommandée. Mais elle doit être "recherchée dans la mesure du possible". L'accent est plus que jamais mis sur les gestes barrières, notamment un lavage fréquent des mains.

• De nouvelles restrictions possibles 

Des mesures insuffisantes, aux yeux de certains syndicats et parents. Mais le ministre se veut rassurant. Ce protocole est "un des plus stricts d'Europe" et "nous permet d'avoir la rentrée la plus normale possible", affirme-t-il. Selon lui, l'expérience du retour à l'école en mai et juin a été très bénéfique, en permettant de se mettre en condition d'une reprise avec un virus toujours en circulation.

Dans certaines zones où le coronavirus est aujourd'hui particulièrement actif, comme l'Île-de-France et les Bouches-du-Rhône, le ministre n'exclut pas de durcir le protocole au cours des prochains jours ou des prochaines semaines. 

Le brassage des élèves pourrait notamment y être limité. En cas de fermeture d'une classe ou d'une école, le ministère est prêt à mettre de nouveau en place un enseignement en partie à distance. 

• "On se demande ce qu'on a vraiment le droit de faire ou de ne pas faire"

Mais pour les acteurs de terrain, de nombreuses questions restent encore sans réponse. "On se demande ce qu'on a vraiment le droit de faire ou de ne pas faire", souligne la directrice d'une école élémentaire parisienne. "Doit-on par exemple séparer les tables des élèves ? Organiser comme à l'ordinaire l'accueil des parents d'élèves de CP ? Maintenir des récréations décalées ?"

Une série de recommandations du ministère, publiées vendredi soir, doivent aider les chefs d'établissement à organiser au mieux les récréations, la cantine, le sport, l'éducation musicale ou encore la vie en internat. Sur de nombreux sujets, le ministre préfère renvoyer les décisions au "bon sens" et au "discernement" des acteurs locaux.

• Que faire s'il y a un cas dans l'établissement ?

"Les laisser se dépatouiller avec les contraintes et les normes en vigueur, cela fait peser une grosse pression sur eux", regrette Stéphane Crochet, du syndicat SE-Unsa, pressentant qu'il faudra ensuite justifier telle ou telle décision auprès des familles. "Sur la gestion d'un cas de Covid-19 au sein d'un établissement, nous n'avons pas eu de réponses claires", déplore aussi Sophie Vénétitay, du Snes-FSU, premier syndicat du secondaire. 

Dans un tel scénario, le ministre assure que des tests seront réalisés pour "remonter la chaîne de contamination et prendre des mesures d'isolement". Lorsqu'un cas sera "confirmé", l'élève ou le personnel devra être placé en isolement, ainsi que les personnes susceptibles d'être des contacts "à risque" au sein de l'établissement, précise le ministère. 

• Les profs vont-ils tous répondre à l'appel ?

Autre inconnue de taille : tous les élèves vont-ils bien répondre à l'appel le 1er septembre, alors qu'un des défis de la rentrée sera de rattraper les retards pris pendant le confinement ? Le ministre de l'Éducation reconnaît que "le retour de tous les élèves à l'école" mardi est son principal sujet de préoccupation. 

Et les enseignants, seront-ils présents, alors que certains ont déserté pendant le confinement ? Jean-Michel Blanquer assure que, "normalement, il ne manquera pas d'enseignants dans les classes" mardi. "C'est une rentrée qui est bien préparée", a-t-il assuré lundi, durant une visite au lycée professionnel Pierre et Marie Curie de Château-Gontier (Mayenne). 

• Possibilité de fermer une école

"Les concours ont pu se tenir, les recrutements ont pu se faire", rassure le ministre. "Je n'ai pas d'inquiétude sur ce point, d'autant plus qu'on a des moyens de remplacement pour les quelques professeurs qui, parce qu'ils ont été définis comme vulnérables par leur médecin, ne pourront pas être là". "Il pourra y avoir quelques exceptions mais pour l'essentiel la rentrée scolaire sera aussi normale que possible", a-t-il répété. 

Interrogé sur le risque de voir des établissements fermés, le ministre relativise. "Très peu, ça peut arriver qu'une décision soit prise (...) Dans les semaines qui viennent, forcément ça arrivera ce genre de choses donc on ne doit pas considérer ça comme un échec ou un problème. On doit considérer ça comme le corollaire nécessaire pour cette politique que nous voulons de retour des élèves à l'école".

• Des masques disponibles dans les écoles 

Les fermeture de classes ou d'établissements, "c'est au cas par cas que ça se décidera, selon un protocole strict dans la main des autorités sanitaires avec les préfets et les recteurs", a rappelé le ministre. "On doit continuer à vivre. Aujourd'hui, la jeunesse doit être notre priorité absolue. Nous leur devons un avenir bien dessiné et nous leur devons une rentrée dynamique", a-t-il poursuivi. 

Par ailleurs, le ministre s'engage à ce qu'"aucun élève ne soit renvoyé chez lui parce qu'il n'aurait pas de masque". "Nous avons le jeu de masques nécessaires dans chaque école, collège et lycée pour qu'un élève qui pour une raison ou pour une autre n'aurait pas de masque soit fourni", assure-t-il. 

Malgré la crise, Jean-Michel Blanquer souhaite aux 12 millions d'élèves "une très bonne rentrée". "Il y a toujours une joie à aller à l'école, c'est le plaisir d'apprendre. Le fait que nous ayons une crise sanitaire ne doit pas atténuer cette joie mais au contraire augmenter la joie de retourner à l'école", a-t-il exhorté.

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