Covid-19: en pleine 3e vague, la France suspend les liaisons aériennes avec le Brésil

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Le premier "vaccidrive" de France s'est installé devant l'hôpital privé Saint-Jean à Saint-Jean-de-Védas (Hérault), le 13 avril 2021
Le premier "vaccidrive" de France s'est installé devant l'hôpital privé Saint-Jean à Saint-Jean-de-Védas (Hérault), le 13 avril 2021
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© AFP, Pascal GUYOT
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publié le mardi 13 avril 2021 à 21h13

En pleine troisième vague de coronavirus, avec près de 6.000 malades du Covid-19 soignés en services de réanimation, la France a décidé mardi la suspension de toutes les liaisons aériennes avec le Brésil pour limiter la propagation d'un variant réputé plus dangereux que ceux qui dominent sur le territoire français.

Autant de nouvelles qui laissent grandes ouvertes les questions sur un relâchement des contraintes à la mi-mai. Exactement 5.952 patients atteints par le Covid-19 étaient soignés en services de soins critiques mardi, un chiffre jamais atteint depuis la mi-avril 2020. Il devrait encore augmenter dans les jours qui viennent, selon l'Institut Pasteur.

Toutes pathologies confondues, les services de réanimation atteignaient en fin de semaine dernière une capacité de plus de 8.200 lits en France (contre un peu plus de 5.000 avant la crise), dont 90% occupés selon les chiffres du ministère de la Santé. Augmenter leurs capacités impliquerait de déprogrammer une partie des soins moins urgents.

"On n'est pas au sommet" de la troisième vague, a prévenu Gilles Pialoux, le chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital Tenon à Paris (AP-HP), sur BFMTV. Avec des mesures qu'il a qualifiées de "freinage lent", "il faut accepter qu'on va vivre probablement un plateau descendant, lentement descendant, avec une saturation des hôpitaux et une réanimation qui va se vider le plus lentement possible".

Le nombre de nouveaux cas s'est stabilisé à un très haut niveau la semaine dernière, avec 41.000 à 60.000 tests positifs quotidiens pendant les quatre jours qui ont suivi le week-end prolongé de Pâques. On en comptait presque 40.000 nouveaux mardi.  

- Variant brésilien -


La suspension des vols avec le Brésil est motivée par la crainte que la variante brésilienne du virus, baptisée P1, n'aggrave la situation sanitaire. 

Le ministre de la Santé Olivier Véran a expliqué devant l'Assemblée nationale que les contaminations comptaient "80% de variant d'origine britannique et maintenant un peu moins de 4% des variants brésiliens et sud-africains". Il a fait état d'un "recul de ces variants parce qu'ils sont moins contagieux que l'anglais qui lui s'étend sur tout le territoire".

Le Premier ministre Jean Castex a justifié la suspension des vols "jusqu'à nouvel ordre" devant l'Assemblée nationale, en arguant que "la situation s'aggrave" au Brésil. 

Air France a annulé ses vols de mercredi avec le Brésil mais en laisse partir deux mardi soir de Sao Paulo et Rio de Janeiro.  


Pour le rapatriement du Brésil des Français qui le souhaitent, la France va "travailler sur des solutions ad hoc, de retour par des vols spéciaux, par exemple, quand il y a une justification", a précisé le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Clément Beaune, sur Europe 1.

En Corse, l'Agence régionale de santé a fait état de la découverte d'un premier cluster, dans un institut médico-éducatif de Haute-Corse, avec "au moins 4 (cas) de variantes sud-africaines ou brésiliennes".

Au moment où l'Europe enregistre un total de plus d'un million de morts du Covid-19, la France a dépassé lundi les 99.000 personnes décédées depuis le début de l'épidémie et devrait franchir cette semaine la barre symbolique des 100.000 morts.

- Régionales décalées -

Le rythme de la vaccination n'autorise pas un relâchement des efforts. Seulement une personne majeure sur cinq (21,6%) a reçu une première dose de vaccin et 7,6% ont été vaccinées avec deux doses. "Pour qu'une population soit protégée", c'est "80 à 85% de vaccinés dont elle a besoin", rappelle dans Le Parisien le virologue Bruno Lina, membre du Conseil scientifique.

La méfiance persistante envers le vaccin d'AstraZeneca, à la suite de cas exceptionnels de caillots sanguins, pourrait s'étendre à celui de Johnson & Johnson qui était attendu en France la semaine prochaine.

Le laboratoire pharmaceutique a annoncé mardi qu'il "retarde le déploiement" de son vaccin en Europe, après que le régulateur américain a décidé "une pause" dans son utilisation pour enquêter sur l'apparition de cas graves de caillots sanguins chez plusieurs personnes. Une mauvaise nouvelle pour la France, entre autres, qui attend 600.000 doses de ce vaccin en avril.

Après les premiers grands centres de vaccination, c'est en périphérie de Montpellier qu'a ouvert le premier "vaccidrive" de France, permettant de se faire vacciner, sur rendez-vous, en restant dans sa voiture.

Ce contexte laisse planer l'incertitude sur les conditions dans lesquelles le pays pourrait relâcher les contraintes sanitaires à la mi-mai, l'échéance fixée par Emmanuel Macron pour une réouverture progressive et sous contrôle des terrasses de cafés et restaurants et de certains lieux culturels. L'exécutif avait initialement laissé espérer, début mars, un retour à la vie normale à la mi-avril.

L'impact psychologique de la crise du Covid-19 et du confinement sur les enfants et les adolescents sera évoqué mercredi par Emmanuel Macron qui se rendra au  service de pédopsychiatrie du CHU de Reims.

Pour sa part, Jean Castex a défendu mardi devant l'Assemblée le maintien en juin des élections régionales, décalées d'une semaine, les 20 et 27 juin. 

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