Covid-19 en outre-mer : Olivier Véran lance un appel, "le nombre de patients est sous-évalué" en Guadeloupe selon un médecin

Covid-19 en outre-mer : Olivier Véran lance un appel, "le nombre de patients est sous-évalué" en Guadeloupe selon un médecin
Un centre de vaccination à Pointe-a-Pitre, en Guadeloupe, le 30 juillet 2021.

publié le dimanche 08 août 2021 à 17h09

"Nous avons une réalité qui est autrement plus délicate que celle que l'on perçoit ou que certains acceptent de percevoir", a mis en garde Guy Ursule, de l'Union régionale des médecins libéraux de la Guadeloupe, sur BFMTV ce dimanche 8 août.

La situation sanitaire est critique en Guadeloupe. L'île est entrée mercredi soir dans son troisième confinement, assorti d'un couvre-feu de 20h00 à 5h00.



Ce dimanche, le ministre de la Santé Olivier Véran s'est alerté de la gravité de la situation sanitaire en Martinique et en Guadeloupe.

"J'en appelle à la solidarité nationale pour venir en soutien aux équipes médicales sur place. Si vous êtes volontaire : prenez sans délai l'attache de votre établissement ou de votre ARS", a-t-il tweeté.



En Guadeloupe, "le taux d'incidence est alarmant avec 1.108,6 cas pour 100.000 habitants sur sept jours glissants contre 875,6 cas la semaine passée", et le taux de positivité des tests atteint 24,6%, ont alerté vendredi la préfecture et l'Agence régionale de santé.

Selon le docteur Guy Ursule, de l'Union régionale des médecins libéraux de la Guadeloupe, "en réanimation au CHU, on est 200% de la capacité", a-t-il déploré ce dimanche 8 août à nos confrères de BFMTV.

"On est dans une situation qui est extrêmement délicate. Quelles que soient les polémiques qui existent, je pense qu'il y a une réalité qui est celle-là", a continué le médecin.

Il a également souligné que "le nombre de patients est sous-évalué parce que nombre de personnes refusent encore de se faire tester, de peur d'être positifs et de devoir s'isoler."

Ainsi, "nous avons une réalité qui est autrement plus délicate que celle que l'on perçoit ou que certains acceptent de percevoir", a mis en garde Guy Ursule.


Une "intensité effroyable"

D'après le docteur Marc Valette, chef du service de réanimation au CHU de Guadeloupe, c'est "une situation de crise, d'une intensité effroyable, que nous n'avons jamais connue jusqu'alors. On a basculé dans la médecine de catastrophe", a-t-il témoigné auprès de l'AFP. De premiers patients ont été évacués vers la métropole pour tenter de désengorger les services.

Devant la flambée de l'épidémie, le préfet de région a pris de nouvelles mesures : les restaurants, qui restaient ouverts à midi, seront fermés à partir de lundi 20h00.

Situation alarmante en Outre-mer

La Martinique, au taux d'incidence également supérieur à 1.000, est également reconfinée depuis le 30 juillet, pour au moins trois semaines.

"Il y a eu un relâchement partout sur les gestes barrières", déplorait mardi Hossein Mehdaoui, chef du pôle réanimation-anesthésie-urgences au CHU de Martinique, saturé et qui a reçu le renfort d'une quarantaine de médecins et infirmiers des armées.

L'île est confrontée à un faible taux de vaccination - environ 18%, tandis que sa voisine de la Guadeloupe atteint près de 30% - et à de fortes résistances. Ainsi l'instauration du nouveau couvre-feu a-t-elle été suivie de l'incendie d'un vaccinodrome et d'une pharmacie lors d'affrontements entre manifestants et forces de l'ordre à Fort-de-France.

La Réunion est, elle, reconfinée partiellement en journée jusqu'au 16 août et le taux d'incidence reste élevé, à plus de 390 malades pour 100.000 habitants, selon Santé publique France jeudi.

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