Covid-19 : en France, un premier cas de réinfection grave par le variant sud-africain

Covid-19 : en France, un premier cas de réinfection grave par le variant sud-africain©Loic VENANCE / AFP

, publié le vendredi 12 février 2021 à 19h15

"Ce cas illustre le fait que le variant (sud-africain) peut être responsable d'une réinfection grave après une première infection légère" au Covid-19, expliquent des chercheurs français.

C'est une première. Un cas de réinfection grave par le variant sud-africain du Covid-19 a été décrit par des chercheurs français, selon les hôpitaux de Paris (AP-HP) ce vendredi 12 février.


Selon l'étude des chercheurs, parue mercredi dans la revue Clinical Infectious Diseases, "ce cas illustre le fait que le variant (sud-africain) peut être responsable d'une réinfection grave après une première infection légère" avec le coronavirus classique.

"C'est, à notre connaissance, la première description d'une réinfection avec le variant sud-africain causant un Covid-19 sévère, quatre mois après une première infection modérée", ajoutent-ils.

Un deuxième épisode souvent moins sévère que le premier

Des cas de réinfection par des variants, britannique, sud-africain ou brésilien, ont déjà été documentés dans la littérature scientifique, mais le plus souvent, le deuxième épisode est moins sévère que le premier.

En outre, ces cas de réinfection sont sans doute plus nombreux en réalité que ceux qui sont identifiés et décrits comme tels dans les revues médicales.

Le cas décrit par les chercheurs français est celui d'un patient de 58 ans.

Une première infection en septembre 2020

En septembre 2020, cet homme, qui a des antécédents d'asthme, souffre de fièvre et a des difficultés à respirer modérées.

Une infection au SARS-CoV-2 est diagnostiquée avec un test PCR. Les symptômes disparaissent en quelques jours et l'homme est testé négatif à deux reprises en décembre.

En janvier, il est réadmis aux urgences de l'hôpital Louis-Mourier (AP-HP) de Colombes, près de Paris, pour des difficultés respiratoires et de la fièvre. Son test PCR est à nouveau positif, et le séquençage génétique montre la présence de mutations caractéristiques du variant sud-africain.

Sept jours plus tard, le patient développe un syndrome de détresse respiratoire aigüe qui nécessite qu'il soit intubé et placé sous respirateur artificiel. Il était toujours dans un état critique au moment où l'étude a été soumise à publication dans la revue médicale.

La durée de l'immunité en question

Au début de son hospitalisation, des tests sérologiques ont décelé chez l'homme la présence d'anticorps prouvant une infection passée. Cela suggère que "l'immunité développée à l'issue de la première infection n'a pas permis d'éviter la réinfection par le variant sud-africain", souligne l'AP-HP dans un communiqué.

"Le virus responsable du premier épisode infectieux n'a pas pu faire l'objet d'un séquençage", poursuit l'AP-HP.

"Toutefois, la survenue de la première infection un mois avant la première description du variant en Afrique du Sud, et trois mois avant son premier signalement en France, écarte la possibilité" que la seconde infection ne soit qu'un réveil de la première, ajoute-t-elle.

Un an après le début de la pandémie, la durée de l'immunité contre le coronavirus fait toujours l'objet de nombreuses questions, renforcées par l'apparition de variants vraisemblablement plus contagieux ces derniers mois.

L'efficacité du vaccin AstraZeneca sur le variant sud-africain en question

Parmi eux, le sud-africain est source d'inquiétudes particulières : en raison de caractéristiques génétiques spécifiques, les scientifiques craignent qu'il n'amoindrisse l'efficacité des vaccins.

Par ailleurs, une étude scientifique sud-africaine a mis en doute l'efficacité du vaccin britannique AstraZeneca sur ce variant. Dès dimanche, les autorités sanitaires du pays ont suspendu la campagne de vaccination à l'aide du produit de ce laboratoire.

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