Covid-19 : Didier Raoult se dit favorable à la vaccination du personnel soignant et des personnes à risque

Covid-19 : Didier Raoult se dit favorable à la vaccination du personnel soignant et des personnes à risque©Christophe SIMON / AFP

publié le jeudi 08 juillet 2021 à 22h35

Ce jeudi 8 juillet, le professeur Didier Raoult a qualifié "les vaccins" d'"élément utile à la lutte contre l'infection par Covid-19".

Il est l'un de ces visages qui auront marqué la pandémie. Le professeur Didier Raoult s'est prononcé ce jeudi 8 juillet en faveur de la vaccination des soignants et des sujets à risque, se montrant néanmoins plus sceptique sur une généralisation à toute la population.

Pour rappel, l'infectiologue marseillais est devenu célèbre pour sa défense de l'hydroxychloroquine associé à l'antibactérien azithromycine, son traitement controversé du Covid-19.



"Oui, je suis pour la vaccination mais pour une population à risque d'être particulièrement surexposée, ou à risque de faire des formes graves", a-t-il dit à l'AFP, pendant un déjeuner organisé par le club d'investisseurs franco-chinois China Business Club, à Paris.

Interrogé spécifiquement sur les soignants, catégorie où la vaccination patine, le professeur de micro-biologie a répondu par l'affirmative : "Le personnel soignant qui est exposé doit réfléchir sérieusement à la vaccination".

Les vaccins, "élément utile" contre le virus

De manière générale, "l'indication vaccinale qui ne me paraît pas contestable, c'est quand vous avez un risque. Le bénéfice individuel est d'autant plus important que vous êtes plus exposé", a-t-il dit lors d'une séance de questions-réponses.

Par conséquent, il a jugé "raisonnable que les gens qui, s'ils sont exposés, peuvent faire une forme grave, les sujets âgés, les obésités maladives, il faut qu'ils soient vaccinés".

Il a qualifié "les vaccins" d'"élément utile à la lutte contre l'infection par Covid-19".

Pour le reste de la population, le spécialiste des maladies infectieuses s'est montré nettement plus sceptique, en particulier pour les enfants.

"Est-ce que la vaccination générale permet de lutter contre la contagion ? Ce ne sont pas des éléments qui sont clairs dans la littérature ni dans la vraie vie", a-t-il estimé.

Rappelant qu'il "le dit depuis un an et demi", il a conseillé à toute personne malade de "se faire soigner".

Le Covid-19, bientôt une simple grippe ?

Le professeur Raoult prône depuis le début de l'épidémie l'utilisation de l'anti-paludéen hydroxychloroquine associé à l'antibactérien azithromycine, un traitement sur lequel l'IHU a effectué des études, qui ont été contestées dans leur méthodologie (échantillon trop réduit et absence de groupe placebo). En outre, plusieurs études cliniques de grande ampleur ont conclu ces derniers mois à l'absence d'efficacité de l'hydroxychloroquine contre le Covid-19.

"Une partie du désastre initial (en mars/avril 2020), c'est qu'on n'a pas soigné les gens, on leur a dit : 'Attendez de vous étouffer', or avec ce virus on peut avoir une insuffisance respiratoire épouvantable sans s'en rendre compte", a argué le professeur.

Didier Raoult a estimé qu'"il y aura un moment où on en sortira. Sur la base des notions historiques que j'ai, ça risque de ressembler au bout d'un certain temps à la grippe".

Une mortalité "comparable" chez les vaccinés et les non-vaccinés ?

Sur YouTube le 29 juin, le professeur affirmait que le risque de mortalité chez un non-vacciné était comparable à celui d'un vacciné. "On a eu 572 patients vaccinés qu'on a analysés. Parmi ceux-là, il y a eu 10% d'hospitalisés, ce qui correspond globalement à ce que nous avons eu durant tous ces épisodes épidémiques. Il y en a eu 7 qui sont passés en réanimation et 8 qui sont morts. On a une mortalité qui est comparable à ce que nous avions chez les gens non vaccinés. Les gens qui meurent sont la même population : les sujets très âgés, des sujets qui ont une espérance de vie très faible", expliquait-il.

De son côté, comme l'a relevé Libération, Santé publique France a affirmé que, selon "de nombreuses publications internationales", l'efficacité des vaccins contre le Covid-19 "était d'autant meilleure que l'on s'intéressait aux formes les plus sévères. Le fait que l'efficacité contre les hospitalisations et les décès soit plus élevée que contre l'ensemble des formes symptomatiques constitue une preuve indirecte que les vaccins réduisent le risque d'hospitalisation et de décès même en cas de survenue de la maladie après vaccination".

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