Covid-19 : des retards de livraison du vaccin Pfizer/BioNTech, la France contrainte de revoir la cadence

Covid-19 : des retards de livraison du vaccin Pfizer/BioNTech, la France contrainte de revoir la cadence
(Photo d'illustration)

, publié le samedi 16 janvier 2021 à 12h44

Alors que le laboratoire a annoncé vendredi des retards de livraisons de son vaccin, une source au sein de l'exécutif indiqué à l'AFP que la France devrait "ajuster le rythme des vaccinations", tout en assurant que cela ne remettait pas en cause "le déploiement global de la campagne vaccinale".

C'est un coup dur dans la lutte contre l'épidémie de Covid-19 : le groupe américain Pfizer, associé au laboratoire allemand BioNTech, a averti vendredi 15 janvier de façon inopinée qu'il n'allait pas être en mesure, jusqu'à début février, de fournir aux pays de l'UE les quantités hebdomadaires auxquelles il s'était engagé.




En cause : des modifications à effectuer dans la chaîne de production de l'usine belge de Puurs, lesquelles "nécessitent des approbations réglementaires supplémentaires", a expliqué Pfizer. Le géant de la pharmacie a néanmoins assuré que les changements apportés à l'usine avaient pour but, "dans un avenir proche", de "permettre d'augmenter rapidement les volumes" fabriqués.

Selon Berlin, cette baisse de cadence est prévue "pour trois à quatre semaines".

"Forte baisse" attendue en France

Le volume total des baisses de livraison n'a pas été communiqué mais plusieurs pays s'attendent à un rationnement significatif. La France devra "ajuster le rythme des vaccinations" en raison de cette "forte baisse" attendue des livraisons dans les semaines à venir, a notamment indiqué vendredi soir à l'AFP une source au sein de l'exécutif. 

Ces retards ne remettent toutefois pas en cause "le déploiement global de la campagne vaccinale" en France, a assuré cette même source. La France, qui a déjà reçu 1,5 million de doses de vaccin Pfizer, en attendait 520.000 autres la semaine prochaine. A date de jeudi soir, 318.000 personnes avaient reçu une première injection du sérum, avec un objectif d'un million d'ici à fin janvier.

La révision de ce programme  interviendra "dès que la France connaîtra exactement le niveau des futures livraisons", a précisé ce même source, en affirmant toutefois que la France avait "anticipé d'éventuels retards" dans sa gestion des livraisons. Le stock devrait ainsi permettre de continuer de vacciner, mais à une cadence plus mesurée qu'escomptée, alors que le pays est la cible, comme d'autres voisins européens, de critiques sur la lenteur de la campagne.

Et dans le reste de l'Europe ? 

La Suède table de son côté  sur "une baisse de 25% environ" des livraisons, selon l'autorité de santé publique. La Norvège anticipe 18% de doses en moins par rapport à ses prévisions. Le Danemark, qui est le pays de l'UE à avoir vacciné le plus pour l'instant, "s'attend à vacciner moins qu'initialement prévu".

Même si les laboratoires promettent que le retard sera rattrapé avant la fin du trimestre, l'annonce a provoqué l'irritation de plusieurs gouvernements européens. Le gouvernement allemand a déploré "une communication inattendue et de très court terme". Les ministres de la Santé de six autres pays de l'Union européenne ont exprimé leur "sérieuse préoccupation". Dans une lettre commune, les ministres du Danemark, d'Estonie, de Finlande, de Lituanie, de Lettonie et de Suède dénoncent une situation "inacceptable" portant préjudice à la "crédibilité du processus de vaccination".

La présidente de la Commission Ursula von der Leyen a affirmé que, passé le retard des prochaines semaines, les quantités promises pour l'ensemble du premier trimestre seront livrées d'ici l'échéance de celui-ci.

Une semaine de retard


Les groupes américain et allemand ont finalement annoncé samedi un "plan" qui doit permettre de limiter à une semaine les retards de livraison. "Pfizer et BioNTech ont développé un plan qui permettra d'augmenter les capacités de fabrication en Europe et de fournir beaucoup plus de doses au deuxième trimestre", ont annoncé les deux entreprises dans un communiqué conjoint.

"Nous reviendrons au calendrier initial de livraisons à l'Union européenne à partir de la semaine du 25 janvier, avec une augmentation des livraisons à compter de la semaine du 15 février", ont ajouté les deux groupes. "Pour ce faire, certaines modifications des processus de production sont désormais nécessaires", ont indiqué les deux partenaires.

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