Covid-19 : des femmes réceptives aux thèses complotistes, électrices de Mélenchon ou Le Pen... Qui sont les anti-vaccin ?

Covid-19 : des femmes réceptives aux thèses complotistes, électrices de Mélenchon ou Le Pen... Qui sont les anti-vaccin ?©JOEL SAGET / AFP
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, publié le samedi 21 novembre 2020 à 07h00

Une étude de la fondation Jean Jaurès dresse le portrait des opposants à la vaccination contre le coronavirus. 

Seuls quatre Français sur dix envisagent de se faire vacciner contre le Covid-19, selon un sondage Elabe pour BFMTV cette semaine. 46% sont contre et 14% "ne savent pas encore".

Alors qui sont ces Français anti-vaccin ? Ce sont surtout des femmes, plutôt jeunes, et électrices de Nicolas Dupont-Aignan, Jean-Luc Mélenchon ou Marine le Pen, selon une étude publiée mardi. 




Deux laboratoires ont annoncé ces derniers jours de très bons résultats dans leurs essais pour trouver un vaccin contre le Covid. Et pourtant, "l'opposition de la population à un potentiel futur vaccin pour lutter contre l'épidémie semble massive", souligne Antoine Bristielle, qui a rédigé cette étude pour la fondation Jean Jaurès. 

La confiance dans le vaccin décline 

Et l'acceptation d'un éventuel vaccin baisse. En octobre, 54% des Français déclaraient qu'ils se feraient vacciner contre le Covid-19, selon une enquête de l'Ipsos sur laquelle s'appuie Antoine Bristielle - soit 10 points de moins que les Américains, 22 que les Canadiens, et 33 que les Indiens. En août, 59% des personnes interrogées en France avaient l'intention de se faire vacciner, toujours selon l'Ipsos. 

Qui sont donc ces "anti-vax" ? Des personnes jeunes, en majorité, souligne l'étude de la fondation Jean Jaurès : l'acceptation de la vaccination augmente sans cesse avec l'âge. Logique, puisque les jeunes sont ceux "qui déclarent avoir le moins peur des conséquences sanitaires de l'épidémie". 

Les femmes plus méfiantes que les hommes 

Le genre joue aussi un rôle déterminant : si 35% des hommes déclarent refuser de se faire vacciner, le chiffre monte à 50% lorsqu'il s'agit des femmes. Et les raisons avancées pour ce refus divergent également : chez les femmes, la crainte des effets indésirables est bien plus haute que chez les hommes (52% contre 35%). Dans l'ensemble, 63% des "anti-vax" doutent de l'efficacité et craignent le manque de recul d'un futur vaccin.

Enfin, le visage des "anti-vax" épouse celui des électeurs des partis considérés comme populistes : "à âge, niveau de diplôme et catégorie socio-professionnelle similaire", les  électeurs de François Asselineau, Nicolas Dupont-Aignan, Marine le Pen et Jean-Luc Mélenchon "sont beaucoup plus anti-vaccins" que les autres, selon l'étude. 

Théories conspirationnistes partagées sur les réseaux sociaux

Encore une fois, pour son auteur, un résultat logique puisque le niveau de défiance envers les institutions politiques classiques va très probablement de pair avec un niveau de défiance élevé envers les institutions scientifiques.




Or, entre le début de l'épidémie de Covid et le mois d'octobre 2020, la confiance des Français a baissé de plus de 20 points. A cause notamment, selon Antoine Bristielle, d'une "course à l'audimat permanente" autour des controverses scientifiques. Et du succès des théories conspirationnistes partagées en grande partie sur les réseaux sociaux.

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