Covid-19 : des épidémiologistes appellent à rétablir la gratuité des tests

Covid-19 : des épidémiologistes appellent à rétablir la gratuité des tests©Sebastien SALOM-GOMIS / AFP
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publié le lundi 15 novembre 2021 à 17h16

Face à la reprise épidémique, des épidémiologistes appellent dans les colonnes du Parisien à rendre de nouveau les tests de dépistage gratuits pour tous. "Ce n'est pas à l'ordre du jour", répond le ministère de la Santé.

Alors que l'Europe est confrontée à une reprise de l'épidémie de Covid-19, certains de nos voisins ont décidé de resserrer la vis.

Les Pays-Bas ont décidé de revenir au "confinement partiel", avec des restrictions sanitaires "sévères" pendant trois semaines, tandis que l'Autriche confine depuis lundi 15 novembre les personnes non vaccinées ou qui n'ont pas contracté récemment le Covid-19. Une hypothèse pour le moment exclue par les autorités françaises. 



Pour endiguer cette cinquième vague, l'Allemagne, où le nombre de cas positifs quotidiens explose, a de son côté décidé de rétablir la gratuité des tests de dépistage pour tous. Depuis le 11 octobre, les personnes non vaccinées outre-Rhin devaient payer elles-mêmes leur dépistage si elles voulaient aller au restaurant ou au cinéma. Une mesure également appliquée en France depuis le 15 octobre. 

Alors que la France n'est pas épargnée par cette cinquième vague, avec plus de 10.000 cas quotidiens enregistrés la semaine dernière, certains spécialistes français plaident auprès du Parisien pour suivre l'exemple de l'Allemagne. 


Comme en Allemagne, l'objectif du gouvernement était clair : pousser les non-vaccinés à se faire injecter le sérum pour pouvoir bénéficier du pass sanitaire. Mais alors que 6 millions de personnes n'ont pas encore reçu leur première dose, le nombre de tests est en chute libre, de 450.000 par semaine au 15 octobre à moins de 300.000 actuellement, principalement chez les non-vaccinés asymptomatiques.  En conséquence,  le délai entre l'apparition des symptômes et le prélèvement n'a jamais été aussi long en 2021 (2,5 jours), souligne Le Parisien, ce qui repousse ainsi le "contact tracing" et la possibilité de limiter la propagation.

"Dans un contexte de reprise épidémique, les tests doivent être accessibles rapidement dès l'apparition des symptômes, indépendamment du statut vaccinal", explique l'épidémiologiste Mahmoud Zureik. Selon lui, "laisser des cas positifs non diagnostiqués ou diagnostiqués tardivement, c'est prendre le risque de disséminer davantage le virus dans la population". "Je pense qu'il va falloir qu'on revienne sur cette mesure (des tests payants). Utiliser le déremboursement des tests avait du sens politiquement pour forcer encore un peu plus les non vaccinés à le devenir", insiste son confrère Pascal Crepey.

Contacté par Le Parisien, le ministère de la Santé répond ce "n'est pas à l'ordre du jour", notamment car une "écrasante majorité" de Français peut toujours en profiter. En effet, les non-vaccinés peuvent tout de même bénéficier de la gratuité des tests s'ils présentent une prescription médicale. 

S'il admet qu'il n'y avait pas eu d'effet "rebond" sur les primo-injections, le nombre de premières injections réalisées chaque jour continuant de diminuer, jusqu'à atteindre désormais près de 17.000, l'entourage du ministre de la Santé souligne par ailleurs que la situation en Allemagne diffère de la France : la situation épidémique y est plus critique, avec jusqu'à plus de 50.000 nouvelles contaminations par jour, et la couverture vaccinale est moins élevée, avec environ 67,4% de la population ayant reçu deux doses de vaccin dans le pays, loin de 75% visés, un objectif presque atteint en France (74,8).
 

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