Covid-19 : de plus en plus de Français "basculent dans la pauvreté", met en garde le Secours Catholique

Covid-19 : de plus en plus de Français "basculent dans la pauvreté", met en garde le Secours Catholique
La directrice du Secours catholique, Véronique Fayet.

, publié le jeudi 24 décembre 2020 à 12h10

"On voit de plus en plus au Secours catholique, ou dans d'autres associations", des personnes qui "avaient une vie normale" et qui, "tout d'un coup, basculent dans la pauvreté", a alerté a directrice du Secours catholique, Véronique Fayet, sur Europe 1 ce jeudi 24 décembre.

Parmi les lourdes conséquences de la crise sanitaire liée au Covid-19, une hausse de la pauvreté. La directrice du Secours catholique, Véronique Fayet, a alerté sur Europe 1 ce jeudi 24 décembre sur tous ceux qui "basculent dans la pauvreté".


"On voit de plus en plus au Secours catholique, ou dans d'autres associations, des personnes qui travaillaient, avaient une vie normale, étaient dans une certaine fragilité mais s'en sortaient bien, et qui, tout d'un coup, basculent dans la pauvreté", a-t-elle constaté.

La crise sanitaire, les confinements et restrictions mis en place pour tenter de freiner l'épidémie, ont mis certains secteurs à l'arrêt ou au ralenti, avec des conséquences dramatiques pour les emplois.

"Sans primes, sans heures supplémentaires et en chômage partiel, le salaire est parfois divisé par deux", a noté Véronique Fayet.

Puis de citer l'exemple d'une mère de famille, célibataire et vivant avec son adolescent de 15 ans : "Elle s'en sortait bien mais maintenant elle tombe à 800 euros par mois. Elle se voit contrainte de venir frapper à la porte des associations."


Les travailleurs déjà précaires "très mal protégés"

La directrice du Secours catholique estime que le gouvernement a "bien protégé" les classes moyennes, les travailleurs, mais beaucoup moins les plus démunis. "Ceux qui ont des petits boulots, du travail précaire, du travail au noir, des intérims, des CDD, du temps partiel, ont été très mal protégés et sont les premières victimes de la crise", s'est-elle inquiétée.

Selon la direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees), service statistique du ministère des solidarités et de la santé, mercredi 23 décembre, le nombre de bénéficiaires des minima sociaux a bondi : ils étaient plus de 2 millions de ménages à percevoir le RSA fin octobre, c'est 8,5 % de plus que l'année dernière à la même date, cite Le Monde.

"Le choc est colossal. Ce n'est pas une surprise étant donné la violence de la crise mais un tel rythme de dégradation n'a jamais été observé", a remarqué Julien Damon, professeur à Sciences Po et spécialiste de la protection sociale, dans le quotidien.

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