Covid-19 : coup d'envoi pour la production de vaccins en France

Covid-19 : coup d'envoi pour la production de vaccins en France
L'usine Delpharm de Saint-Rémy-sur-Avre, en Eure-et-Loir, produit le vaccin Pfizer/BioNTech dès mercredi 7 avril.
A lire aussi

, publié le mercredi 07 avril 2021 à 08h44

Le groupe Delpharm, basé en Eure-et-Loir, doit commencer mercredi 7 avril à mettre en flacon les vaccins Pfizer/BioNTech. Suivront quatre autre sites des laboratoires Recipharm, Fareva et Sanofi qui produiront le Moderna, le CureVac et le Janssen.

"Nous pourrons produire 250 millions de doses d'ici la fin de l'année", a assuré Agnès Pannier-Runacher. 

Alors que la France et ses voisins européens essaient de rattraper leur retard en matière de vaccination contre le Covid-19, c'est une nouvelle non négligeable : la production de vaccins commence mercredi 7 avril en France. C'est le groupe Delpharm qui donne le coup d'envoi, dans son usine de Saint-Rémy-sur-Avre, en Eure-et-Loir, en mettant en place une ligne de conditionnement de doses du vaccin de Pfizer/BioNTech. 




"Ils vont commencer par la production de lots-tests dans un premier temps, pour s'assurer que tout est conforme aux standards de qualité attendus et basculeront ensuite le plus rapidement possible sur de la production de lots commerciaux", a précisé le ministère de l'Economie en début de semaine. 

Et ce n'est que le début. En tout, dans les prochains mois, cinq sites industriels devraient être à pied d'oeuvre pour produire des vaccins en France. Outre Delpharm, le Suédois Recipharm va produire des vaccins pour l'entreprise américaine Moderna, "à horizon mi-avril", dans son usine française de Monts (Indre-et-Loire). Le façonnier Fareva devrait lui lancer "fin mai, début juin" la production du CureVac, qui est encore soumis à la condition d'autorisation de mise sur le marché, dans ses usines de Pau (Pyrénées-Atlantiques) et de Val-de-Reuil (Eure). Enfin, le Français Sanofi va produire pour Janssen (filiale de Johnson and Johnson), à Marcy-l'Etoile (Rhône), à une date qui reste floue, mais cela pourrait être, selon Bercy, au début de l'été.

"Nous pourrons produire 250 millions de doses d'ici la fin de l'année", s'est félicité mercredi matin sur franceinfo la Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l'Industrie. 



Cela va-t-il vraiment changer la donne ?

Pour autant, il ne faut pas imaginer que des vaccins anti-Covid 19 seront désormais intégralement produits sur le sol français. Les sites concernés sont, pour quatre d'entre eux, des sous-traitants qui vont mettre la dernière main à des vaccins développés par d'autres laboratoires. Il s'agit d'opérations de remplissage des flacons, d'emballage ou d'aseptisation. Mais les "principes actifs" de ces vaccins - la substance chimique qui les fait fonctionner - seront fabriqués ailleurs, dans l'immédiat, en attendant la mise au point d'un vaccin français.

Cette fabrication française ne signifie par ailleurs pas que les Français en profiteront directement. Le nombre de doses distribuées dans chaque pays est régi au terme de commandes faites au niveau de l'Union européenne. La France ne peut donc pas s'arroger les vaccins fabriqués sur son territoire.

Reste que cela témoigne de multiples collaborations au sein du secteur pharmaceutique, ce qui est gage d'efficacité dans la production des vaccins au niveau européen.

L'intérêt est aussi politique en démontrant la capacité d'usines françaises à agir alors que le gouvernement et les industriels font l'objet de critiques quant à une supposée insuffisance de l'industrie nationale.
 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.