Covid-19 : comment la France traque le variant indien

Covid-19 : comment la France traque le variant indien
(Photo d'illustration)

publié le dimanche 30 mai 2021 à 14h37

Si le nombre de cas de variant indien reste pour le moment limité en France, les autorités sanitaires restent en alerte pour maîtriser les chaînes de transmission et éviter que la situation ne dégénère. 

Après des mois de restrictions liées au Covid-19, la France se déconfine progressivement depuis le début du mois de mai, avec notamment la très attendue réouverture des terrasses le 19 mai dernier. Alors que le 9 juin doit marquer la prochaine étape, avec la fin du télétravail à 100% et le couvre-feu repoussé à 23h, les autorités restent néanmoins sur le qui-vive.

En cause : le variant indien, dont le nombre de cas explose au Royaume-Uni. 




En France, la situation semble maîtrisée. Santé publique France recensait une centaine de cas dans 46 clusters au 25 mai. "Mais entre les asymptomatiques et les personnes positives pour lesquelles le variant n'est pas détecté, une partie difficile à quantifier passe sans doute entre les mailles du filet", souligne Le Parisien dimanche 30 mai. 



Des méthodes de détectation à améliorer

Pour limiter la propagation du variant indien, plus contagieux, il faut avant tout le détecter. Deux méthodes complémentaires sont utilisées, explique le quotidien francilien : le criblage, qui permet de cibler les différentes mutations sur un prélèvement positif, et le séquençage, qui consiste à analyser le génome complet d'un virus. 

Mais ces techniques restent limitées. En effet, le variant indien n'est actuellement pas détectable par le criblage, même si cela devrait changer "dans les prochaines semaines", assure Santé publique France. Et si le séquençage est lus fiable, il exige plus de moyens et est en réalité assez peu réalisé en France. Environ 5% des tests positifs sont séquencés par semaine, contre 50% au Royaume-Uni. 

"On ne sait pas encore s'il y a déjà plusieurs chaînes de transmission de B.1.617.2 (le sous-lignage du variant indien majoritaire en France, ndlr) actives ou si au contraire on est toujours dans une phase dite stochastique (qui relève du hasard, ndlr). Le souci est que B.1.617.2 apparaît encore comme non-variant dans les tests de criblages et que le séquençage reste limité", résume pour Le Parisien le biologiste Samuel Alizon, directeur de recherche au CNRS.

Casser les chaînes de transmission

Une fois le variant indien détecté, démarre une véritable course contre la montre pour identifier les cas positifs et cas contacts dans l'entourage du malade afin de casser les chaînes de transmission le plus rapidement possible. Les cas positifs doivent s'isoler et les cas contacts se faire tester le plus rapidement possible. "Ce dispositif de quarantaine et de tests nous a permis d'identifier un certain nombre de cas positifs (au variant indien) en France et de limiter toute diffusion autour d'eux", se félicite Sibylle Bernard-Stoecklin, de la direction des maladies infectieuses de Santé publique France.

"Dès la découverte de cas, la stratégie mise en œuvre de Tracer-Isoler-Accompagner doit être particulièrement réactive", insiste de son côté le Conseil scientifique dans son avis rendu public vendredi. Il estime notamment qu'il faut être plus vigilant en ce qui concerne les voyageurs en provenance du Royaume-Uni. A partir de lundi, les passagers venant d'outre-Manche devront s'isoler pendant sept jours, sans contrôle néanmoins, et présenter un test négatif de moins de 48 heures et non plus 72 heures. Le Conseil scientifique préconise a minima la réalisation de tests antigéniques le jour du départ, trois jours et sept jours après l'arrivée.

Le vaccin ne suffira pas

"Avant le déploiement de la vaccination, il me semblait illusoire de croire qu'on puisse contrôler différentiellement la propagation de tel ou tel variant. J'ai revu mon jugement, je reconnais que maîtriser efficacement les chaînes de transmission liées à un nouveau variant préoccupant permet de gagner du temps pour vacciner", estime de son côté la chercheuse du CNRS Florence Débarre.

Si le vaccin Pfizer/BioNTech, largement utilisé en France, reste très efficace contre le variant indien, Le Parisien souligne néanmoins qu'en France, seuls 20% des adultes ont reçu deux doses de vaccin et que la seule vaccination pourrait ne pas suffire pour endiguer le problème. 

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