Covid-19 : combien pourrait coûter un troisième confinement ?

Covid-19 : combien pourrait coûter un troisième confinement ?
Paris le 18 novembre 2020.

, publié le mercredi 27 janvier 2021 à 08h58

Un troisième confinement pourrait engendrer une baisse de l'activité de 18%, selon les prévisions de la direction du Trésor consultées par Le Parisien

Alors qu'un nouveau conseil de défense se tient mercredi 27 janvier autour du chef de l'Etat, l'hypothèse d'un troisième confinement s'éloigne pour le moment, le gouvernement se laissant quelques jours pour trancher sur de nouvelles restrictions. "Le confinement ne peut être, à mes yeux, que la toute dernière mesure quand toutes les autres mesures ont été utilisées.

C'est une décision trop lourde pour qu'elle soit prise dans la précipitation", a martelé mercredi matin sur France Culture le ministre de l'Economie Bruno Le Maire.



"Il est évident que si cette fois-ci le débat est si long du côté du gouvernement, c'est à cause de l'impact économique que pourrait avoir un troisième confinement", explique Anne-Sophie Alsif, cheffe économiste au Bureau d'informations et de prévisions économiques (BIPE) et membre du groupe de réflexion BSI Economics, au Parisien

En effet, au printemps 2020, le premier confinement avait fait chuter l'activité de 32% par rapport à l'an dernier. Celui de novembre, plus léger avec les écoles ouvertes notamment, avait fait baisser l'activité de 12%. "Aujourd'hui, avec le couvre-feu et la fermeture des cafés-restaurants, nous sommes déjà à -7% selon la Banque de France", confie au quotidien un haut fonctionnaire de l'Economie. 



Une note de la direction du Trésor transmise au ministre de l'Economie, à laquelle Le Parisien a eu accès, a estimé le coût d'un nouveau confinement. Trois scénarios ont été retenus : en cas de confinement léger, l'activité baisserait de 10%, de 13% en cas de confinement moyen et de 18% en cas de fermeture des établissements scolaires, des magasins non essentiels, des restaurants d'entreprise.

700.000 euros emprunté par minute


Ce dernier scénario coûterait également très cher aux finances publiques, jusqu'à 15 milliards d'euros par mois, selon Bercy. "Nous n'en avons plus les moyens", estime Agnès Verdier-Molinié, la directrice de la fondation iFRAP, un think-tank libéral qui évalue les politiques publiques. Selon ce groupe de réflexion, la perte de richesse en cas de reconfinement strict pourrait s'élever à 16 milliards d'euros par semaine. "En 2020, en moyenne, nous avons emprunté 700.000 euros par minute. Cela ne peut plus durer en 2021", insiste Mme Agnès Verdier-Molinié. 

"Il est moins coûteux d'emprunter de l'argent pour protéger les salariés et les entreprises que d'avoir un tsunami de faillites", a néanmoins assuré sur France Culture Bruno Le Maire.  Il a ajouté que la France remboursera sa dette "le moment venu", "quand la croissance sera de retour", mais aussi en contrôlant mieux les dépenses publiques.

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