Covid-19 : ce que la crise coûte à l'Etat

Covid-19 : ce que la crise coûte à l'Etat
La terrasse d'un restaurant fermé à Saint-Etienne le 22 octobre.

publié le samedi 07 novembre 2020 à 07h00

Dépenses de santé, soutien aux entreprises et au ménages : depuis mars, l'Etat a débloqué des moyens considérables pour lutter contre l'épidémie de coronavirus et ses impacts sur l'économie. Dépenses prévues, réalisées ou incertaines : le point sur les milliards d'euros d'aides annoncés.

Dépenses prévues : 86 milliards d'euros


Avec les 20 milliards d'euros de dépenses supplémentaires prévues dans le quatrième budget rectifié, le montant total des dépenses liées à la crise du Covid-19 devrait atteindre près de 86 milliards d'euros cette année. 




Il y a d'abord les dépenses exceptionnelles de santé, évaluées à près de 12 milliards d'euros.

Elles regroupent les achats de matériels ou encore la rémunération des personnels soignants.

Mais le gouvernement a surtout déployé un arsenal de mesures de soutien à l'économie, quasiment à l'arrêt durant le premier confinement et de nouveau freinée par le reconfinement.

Le dispositif le plus coûteux est la prise en charge du chômage partiel, budgété à plus de 34 milliards d'euros, dont une partie est prise en charge par l'Unédic. Près de 23 milliards ont déjà été dépensés.

Vient ensuite le fonds de solidarité, créé pour aider les petites entreprises et les indépendants, dont le montant budgété s'élève à 19,4 milliards d'euros, même si la totalité ne sera peut-être pas dépensée.

Le gouvernement a aussi décidé d'exonérer de cotisations sociales les entreprises des secteurs les plus touchés (hôtellerie-restauration, culture, évènementiel, etc.), ce qui représente un manque à gagner pour les finances publiques d'environ 8,2 milliards d'euros. A ce stade, les demandes effectivement transmises par les entreprises atteignent 2,6 milliards, selon Bercy. 

Les primes (rentrée scolaire, bénéficiaires du RSA, étudiants boursiers, etc.) accordées aux ménages les plus précaires représentent, elles, une dépense de 2 milliards d'euros.

A cela s'ajoute le report de l'entrée en vigueur de la réforme de l'assurance chômage, prévue en avril, qui va engendrer 1,6 milliard d'euros de dépenses supplémentaires cette année.

Le reste correspond à des avances remboursables accordées aux PME (500 millions), à des ajustements fiscaux permettant aux entreprises de réduire leurs impôts dus cette année (400 millions), à une aide exceptionnelle aux indépendants (900 millions), ou encore à divers autres crédits (6 milliards), notamment ceux prévus dans le cadre des plans automobile et aéronautique.

Pertes de recettes : 100 milliards d'euros

Au delà des exonérations de cotisations accordées aux entreprises les plus touchées par la crise, la forte contraction de l'activité économique va mathématiquement réduire les recettes fiscales et sociales que l'Etat perçoit chaque année des ménages et des entreprises.

Selon le ministre des Comptes publics, Olivier Dussopt ce manque à gagner va atteindre 100 milliards d'euros. Le gouvernement estime déjà à 70 milliards d'euros les pertes de rentrées fiscales (TVA, impôt sur les sociétés, impôt sur le revenu...) par rapport à ce qui était envisagé avant la crise. Le reste correspond au manque à gagner en matière de cotisations sociales, qui financent la Sécurité sociale.

Le gouvernement a aussi accordé des reports de paiement de charges sociales et fiscales aux entreprises en difficulté. Ces pertes de recettes ne sont que temporaires, puisque l'Etat a vocation à les percevoir l'an prochain ou plus tard en fonction des étalements négociés.

Des dépenses incertaines : 327 milliards

Au début de la crise, l'Etat s'est engagé à garantir jusqu'à 300 milliards d'euros de prêts que les banques accorderaient aux entreprises pour soutenir leur trésorerie.

Au 23 octobre, 123,7 milliards d'euros ont été accordés par les banques à près de 600.000 entreprises.

A cela s'ajoutent d'autres garanties publiques, via notamment un dispositif de réassurance publique sur les encours d'assurance-crédit à hauteur de 10 milliards d'euros et une réassurance des crédits-exports de court terme, à hauteur de 2 milliards d'euros.

Ces montants ne sont pas des dépenses certaines, puisque l'Etat n'aura à débourser le moindre euro si les entreprises peuvent rembourser les crédits souscrits. 

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