Covid-19 : bientôt un vaccin nasal 100% français ?

Covid-19 : bientôt un vaccin nasal 100% français ?
(Photo d'illustration)

publié le samedi 11 septembre 2021 à 09h08

Non invasif, résistant aux variants et capable de bloquer la contagiosité...  L'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (Inrae) et l'université de Tours ont déposé cette semaine le brevet d'un candidat vaccin contre le Covid-19 par voie nasale aux premiers résultats prometteurs.

"Nous n'avons pas été au rendez-vous de la course au vaccin" contre le Covid-19, déplorait cet été le Premier ministre Jean Castex, assurant avoir "vécu comme un traumatisme l'affaire de Sanofi Pasteur".

Mais alors que l'épidémie impacte encore le monde entier, la France pourrait bien se démarquer dans la lutte contre le Covid-19 grâce à un vaccin nasal.




L'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (Inrae) et l'université de Tours ont en effet déposé cette semaine le brevet d'un candidat vaccin par voie nasale. Selon l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement, les tests pré-cliniques de ce vaccin à base de protéines virales, encapsulées dans des nano-particules à base d'amidon et de lipides, ont montré des résultats "très positifs" sur des souris et des hamsters dorés. Ces résultats n'ont toutefois pas encore été publiés dans une revue scientifique.


Selon l'Inrae et l'université de Tours, la plus-value de ce vaccin réside dans sa capacité à couper la transmission entre individus, en agissant directement sur la muqueuse nasale. "Contrairement aux vaccins intra-musculaires, seuls les vaccins à administration par voie nasale seraient capables d'éviter la présence de virus dans le nez, stade initial de l'infection. Ils induisent en effet une immunité au niveau des muqueuses nasales, porte d'entrée et lieu de multiplication du virus", expliquent les chercheurs dans un communiqué.

Résistant aux variants

Ce vaccin serait également très résistant face aux variants. "Aujourd'hui tous les vaccins commercialisés sont à base de protéine Spike, qu'il s'agisse de l'Arn de la Spike pour les vaccins Pfizer et Moderna, ou de virus atténués qui codent la Spike, pour les vaccins AstraZeneca et  Johnson and Johnson. Notre vaccin contient lui aussi la protéine Spike, mais il contient également d'autres protéines" explique la responsable de l'équipe de recherche BioMAP Isabelle Dimier-Poisson. Une différence de composition importante puisque "la protéine Spike est sujette à mutations", ce qui induit l'apparition de variants, précise la chercheuse.

Si les scientifiques de l'Université de Tours et de l'Inrae ont également "mis cette protéine Spike" dans leur vaccin "parce qu'elle est très immunogène", ce qui induit la production d'anticorps neutralisant extrêmement efficaces, ils ont également associé des "protéines qui ne sont pas soumises à mutation", détaille-t-elle. "Quelles que soient les mutations qu'on va pouvoir observer sur ce coronavirus, ces protéines seront donc toujours les mêmes", assure-t-elle. 

Une commercialisation en 2023 ?

"Les expériences ont montré que le vaccin arrête très précocement la transmission. Je travaille sur des animaux qui sont infectés : deux jours après, je constate que la charge virale dans les poumons est explosive. Si je regarde la même chose sur les animaux qui ont été vaccinés et infectés, je ne retrouve aucune trace du virus dans les poumons", assure par ailleurs Isabelle Dimier-Poisson. Ce vaccin sans adjuvant, qui s'appuie sur des chercheurs et industriels basés en France, pourrait aussi servir de rappel dans la population déjà vaccinée "afin d'éviter la transmission de la maladie". Selon la chercheuse, BioMAP a réussi à obtenir "100% de survie" sur des souris vaccinées puis infectées par le Covid-19, contre "100% de mortalité" sur des souris non-vaccinées.  

L'équipe de recherche espère démarrer dès l'automne la phase de production en vue d'une phase clinique lors du deuxième semestre 2022. La mise sur le marché est prévue pour 2023. "Techniquement, le vaccin sera administrable à l'aide d'un petit adaptateur placé au bout d'une seringue sans aiguille, permettant une diffusion au sein de la cavité nasale", a précisé l'Inrae.


 

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