Covid-19 : 10.000 volontaires recherchés pour une étude sur l'impact de la crise

Covid-19 : 10.000 volontaires recherchés pour une étude sur l'impact de la crise
Des passants dans une rue de Paris, en novembre 2020.

, publié le lundi 30 novembre 2020 à 09h05

Ils devront chaque mois répondre à des questions portant sur l'anxiété, la prise en charge médicale et la vie courante. 

Quelles sont les conséquences de la crise du Covid-19 sur l'état des Français ? Unique en son genre, une vaste étude scientifique, lancée lundi 30 novembre, souhaite recruter 10.000 participants majeurs en France métropolitaine afin qu'ils aident à mesurer les conséquences de la crise sur l'état psychique de la population et le suivi des malades chroniques, a annoncé France Assos Santé. Jusqu'en mai 2022, ces volontaires seront invités à répondre chaque mois à un questionnaire.

De premiers résultats sont attendus en mai prochain.



"On s'est aperçu que la situation allait durer et qu'au-delà des personnes atteintes du Covid ou d'autres pathologies, il allait y avoir un impact sur nos modes de vie", a expliqué à l'AFP Gérard Raymond, président de France Assos Santé, un réseau regroupant 85 associations de patients à l'initiative de cette étude baptisée "Vivre-Covid19"

Selon Caroline Guyot, détachée auprès de France Assos Santé pour accompagner le projet et en assurer notamment le cadrage juridique, les questions portent sur "les trois thèmes de l'anxiété, la prise en charge et la vie courante". La cohorte d'étude prévoit d'inclure des personnes malades chroniques, des porteurs de handicap, des aidants et des bien portants. 

Une première phase pilote a été menée au printemps, pendant le premier confinement, auprès de 2.000 répondants. Les premiers retours montrent une anxiété ressentie par 78,9% des personnes interrogées et une prise en charge dégradée pour 61,5%, qui ont eu un rendez-vous déprogrammé (sans nouvelle date proposée dans 32,9% des cas). "Le nombre de réponses de la phase pilote est trop faible pour dire que l'on a des résultats solides, ce sont des tendances qui donnent à voir quelque chose mais attendons : statistiquement, il nous faut avoir plus de répondants pour pouvoir dire que nos résultats sont justes et solides", insiste Caroline Guyot.

Une étude "indispensable"

Les données de la Fédération hospitalière de France (FHF) confirment néanmoins un report massif d'actes chirurgicaux et médicaux avec "deux millions de séjours qui n'ont pas été réalisés" dans les établissements de santé publics et privés entre mi-mars et fin juin. "Il y a eu un vrai retentissement de la première vague avec plus d'arrêts cardiaques extrahospitaliers : les gens ne sont pas allés aux urgences car ils avaient peur ou le samu n'était pas joignable", témoigne le Pr Gérard Helft, de la Fédération française de cardiologie. 

Un médecin généraliste du Val-d'Oise a raconté à l'AFP le cas récent d'un patient "suivi pour une insuffisance cardiaque associée à une insuffisance rénale qui devait voir un néphrologue au cours de l'été mais n'a pas pris rendez-vous par crainte d'attraper le Covid. On se retrouve avec une dégradation importante de sa fonction rénale, qui nécessite un avis spécialisé en urgence et un ajustement de ses traitements". Hermann Klein est membre de l'association des diabétiques du Bas-Rhin et participe à l'étude depuis la phase pilote. Ce septuagénaire a été atteint par le Covid courant mars, il n'a toujours pas récupéré le goût et l'odorat. "J'ai ressenti beaucoup de peur, de l'incompréhension et de la colère aussi", confie-t-il à l'AFP. "De la prévention, il y en a autant qu'on veut. Ce qui pèche, c'est le suivi". Aujourd'hui, il ressent encore de l'appréhension et attend de l'étude "certaines adaptations".

Le généticien Axel Kahn, président de la Ligue nationale contre le cancer (membre de France Assos Santé), salue auprès de l'AFP une étude "indispensable" pour se préparer en cas de "nouveau coup de Trafalgar qui embouteille les hôpitaux". Il milite par exemple pour la création de centres anticancéreux dans toutes les régions, "des centres dédiés pour la continuité indispensable des soins qui ne peuvent être différés".
 

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