Couvre-feu à 18h : à Marseille, la décision du gouvernement contestée

Couvre-feu à 18h : à Marseille, la décision du gouvernement contestée
Autrefois instauré à 20 heures, le couvre-feu à Marseille a été instauré à 18 heures
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, publié le dimanche 10 janvier 2021 à 16h45

A Marseille, de nombreux habitants et commerçants sont au diapason des élus locaux : ils n'arrivent "plus à comprendre" les décisions du gouvernement pour lutter contre le Covid-19, comme la mise en oeuvre dimanche du couvre-feu dès 18 heures. 

"On laisse penser qu'il y a de la concertation alors qu'il n'y en a pas", raillent aussi deux frères avocats, qui ne souhaitent pas être cités nommément.L'épisode de la rentrée, où les bars, restaurants et salles de sport d'Aix-en-Provence et Marseille avaient dû refermer leurs portes, sans concertation selon les élus locaux, avant le reste de la France, a déjà laissé des traces.


Dans un rapport remis au Premier ministre en fin d'année, l'Inspection générale de l'administration (IGA) et l'Inspection générale des Affaires sociales (IGAS) pointaient justement que les mesures de restriction devaient faire l'objet d'une "meilleure appropriation par la population" afin d'espérer "durer face à la crise". 

"Le stop and go qui a prévalu dans les Bouches-du-Rhône a pu donner le sentiment que n'est jamais attendu le terme fixé pour mesurer l'impact des mesures et que les règles sont par nature instables ou discriminantes, ce qui n'est pas favorable à leur appropriation", déploraient par exemple les inspecteurs dans ce document. 

Dimanche, le président LR de la région Alpes-Côte-d'Azur, Renaud Muselier, a maintenu sur LCI ses réserves: "Prouvez-moi que de 20 heures à 18 heures ça peut marcher". "Je mets en cause depuis le départ la méthodologie du ministère de la Santé qui fait que plus personne ne comprend rien et qu'on ne sait pas quelles sont les bonnes mesures", a-t-il ajouté.

Variant britannique dans la ville 

De son côté, la mairie de Marseille a infléchi sa position après l'annonce de la découverte du variant britannique dans la ville.

"Je comprends cette décision au regard de l'évolution de la situation" mais "je serai très attentif aux mesures compensatoires mises en place par l'État", expliquait samedi soir le maire PS Benoît Payan d'une des grandes villes les plus pauvres de France. 

"Il nous faut désormais agir très vite pour endiguer la propagation de cette forme mutante et virulente", ajoutait-il, avant d'annoncer dimanche la mobilisation des marins-pompiers pour "tester en urgence toutes les personnes cas contacts recensées, l'environnement et les eaux usées". 

Colère des Marseillais 

A Marseille, de nombreux habitants et commerçants sont au diapason des élus locaux: ils n'arrivent "plus à comprendre" les décisions du gouvernement pour lutter contre le Covid-19, comme la mise en oeuvre dimanche du couvre-feu dès 18 heures "C'est ridicule, 18 heures. On devrait alléger et inciter les gens à prendre leurs responsabilités", plaide Joda Rantria, 57 ans, qui prend son café du dimanche matin dans le froid devant un bar-tabac.

"Le couvre-feu à 21 heures (décidé dans un premier temps en octobre), c'était nickel, il n'y avait plus personne dans les rues. Après, ça a été abaissé à  20 heures, puis là à 18 heures. L'étau se resserre et le risque c'est que les gens explosent", poursuit à ses côtés Marc de Luca, 36 ans. 

Samedi, le préfet a annoncé, malgré l'opposition ferme d'élus de tous bords, l'extension du couvre-feu, justifiant sa décision notamment par la détection d'au moins un cas du variant britannique au sein d'un probable cluster familial élargi. 

"Il y en a ici dans la rue qui vont rester ouverts parce qu'ils ne sont pas d'accord. Je verrai bien si la clientèle est au rendez-vous car nous, on travaille surtout en fin d'après-midi", explique-t-elle."On n'arrive plus à comprendre les décisions. Je suis tout le temps en train de regarder les actualités et personne ne dit la même chose", poursuit Sophie Dreux. 

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