Corse: Talamoni et Simeoni saluent un "déblocage" des discussions

Corse: Talamoni et Simeoni saluent un "déblocage" des discussions

Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni, les deux dirigeants nationalistes corses, de part et d'autre de Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre de l'Intérieur, à Ajaccio, le 5 janvier 2018

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AFP, publié le vendredi 05 janvier 2018 à 13h26

Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni, les deux dirigeants nationalistes corses, ont salué vendredi à Ajaccio un "déblocage" dans les discussions sur l'avenir de l'île de Beauté, après leur première rencontre avec Jacqueline Gourault, la "Madame Corse" du gouvernement.

"On est clairement en présence d'un déblocage de la question constitutionnelle, ce qui n'est pas rien", s'est félicité Jean-Guy Talamoni, dirigeant du mouvement indépendantiste Corsica Libera et président de l'Assemblée de Corse.

Certaines revendications des nationalistes corses, comme la co-officialité de la langue corse et du français, exigent en effet une révision de la Constitution, ce que le Premier ministre Edouard Philippe avait semblé écarter le 12 décembre, en insistant sur le fait que que toutes les réformes à venir devraient être "conformes au cadre constitutionnel" existant.

"Un point de blocage juridique et politique a été aujourd'hui levé", a renchéri vendredi Gilles Simeoni, le patron du mouvement autonomiste Femu a Corsica, président du Conseil exécutif de la nouvelle Collectivité territoriale unique corse née le 1er janvier, en lieu et place de l'ancienne région et des deux départements.

- Rester 'extrêmement prudents' -

"Nous avons acté ensemble la nécessité d'inscrire notre dialogue dans la perspective de la révision constitutionnelle générale qui est prévue", a insisté M. Simeoni, faisant allusion à la révision constitutionnelle que pourrait proposer le chef de l'Etat au printemps pour un Parlement plus resserré et plus efficace.

Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre de l'Intérieur, n'a pas fait de commentaire après sa première rencontre avec les élus nationalistes, se réservant pour la conférence de presse annoncée à 16h30 à la préfecture. Elle a seulement salué les "discussions très intéressantes" avec MM. Talamoni et Simeoni, qui ont respectivement parlé d'une "ambiance positive" et d'un "état d'esprit extrêmement constructif".

Mardi, Gilles Simeoni, lors de son élection à la tête du conseil exécutif corse, avait regretté "un certain nombre de prises de positions directes et indirectes de membres du gouvernement, et notamment du Premier ministre (...) pas à la hauteur" des espérances des nationalistes corses. 

"Si une Constitution ne permet pas de reconnaître un peuple, c'est à la Constitution de changer et pas au peuple de disparaître", avait-il dit.

Cette première prise de contact avec Mme Gourault, depuis l'écrasante victoire de la liste commune nationaliste Pè a Corsica (Pour la Corse) aux élections territoriales de décembre, avec 56,5% des suffrages, a permis de briser la glace.

Les élus nationalistes, qui attendent "un geste politique fort" de l'exécutif, pour reprendre la déclaration de Gilles Simeoni mardi, ont cependant tous deux prévenu qu'ils allaient rester "extrêmement prudents".

- 'Les points de blocage sont connus' -

"Les points de blocage sont connus", a concédé M. Simeoni, avec notamment la question de la co-officialité du corse et du français, le statut de résident corse, qui, selon lui, doit permettre de protéger les insulaires de la spéculation immobilière, et l'amnistie des prisonniers dits "politiques". Le tout avec en ligne de mire un statut d'autonomie de plein droit d'ici trois ans, pour une application effective d'ici dix ans.

"Mais on ne commence pas une discussion en restant bloqué sur ce qui fait difficulté", a-t-il aussitôt ajouté.

Les deux dirigeants nationalistes seront reçus par le Premier ministre Edouard Philippe, le 22 janvier, à Matignon. Puis ce sera un rendez-vous avec le président du Sénat Gérard Larcher, à une date non encore précisée.

"A la fin de ce premier cycle de discussions, le président de la République aura l'occasion de s'exprimer pour donner sa vision de ce que doivent être les relations nouvelles entre la Corse et la République", a précisé Gilles Simeoni.

"En France, c'est le président de la République qui fixe le cap et qui, aujourd'hui, connaît le mieux le dossier corse", avait-il insisté mardi.

 
52 commentaires - Corse: Talamoni et Simeoni saluent un "déblocage" des discussions
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    smiles42  (privé) -

    ils se marrent les "Négociateurs" nous Citoyens Contribuables du Continent" attendra de voir si l'Autonomie et les velléités d’indépendance se traduisent par une Baisse effective de l'Ardoise et une levée de l’Impôt local, un peu plus vigoureuse, pour satisfaire les Ambitions et les Dépenses LOCALES!

  • Ceux qui braillent contre les Corses,ceux qui veulent l'intervention de l'armée ,le quadrillage de l'ile et la mise sous tutelle de l'ile tout en enfermant les nationalistes oublient que c'est un vote qui a amené ces derniers au pouvoir. Alors plutôt que de penser à la répression qu'ils s'essaient à la compréhension, qu'ils imaginent sans haine la Corse faite par et pour les Corses qui sauront partager avec ceux qui viendront les rencontrer .Faire un effort en parlant corse, ne serait-ce quelques phrases, comprendre l'histoire de la Corse....

  • Pourquoi continue t'on a trainer ces boulets ? ce département est le gouffre financier de la nation . Mais donnez leur l'indépendance au plus vite .

    oui tout a fait faire un référendum en France pour se séparer de la corse sans aides de la France et qui nous coût plus quelle ne rapport

  • j'en suis sur en partant elle saura parler le CORSE.....

  • allons faites un effort apprenez le CORSE et tout sera resolu....

    Oui ne serait-ce par politesse(ce n'est pas le fort des continentaux)Apprendre la langue, l'histoire,le fait corse c'est aussi participer à cette émancipation, c'est arriver voir la Corse et les Corses et non "on s'fait la Corse".La France a bien imposé la langue de l'état afin de modeler les peuples de la République et de les soumettre à une interprétation de l'histoire, son histoire.Nous Bretons, Basques, Corses, Catalans, Occitans, Alsaciens nous n'avons pas le droit de dire dans notre langue, cette affirmation sensible de la différence,notre histoire.Que les continentaux prennent cette habitude: aller en Corse ne sera plus comme avant , comme aller ailleurs sur cette planète avec des idées tordues de néo-colonialisme. Le mot effort va bien mais sont-ils prêts???

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