Corridas et cruauté envers les animaux: la SPA à nouveau déboutée à Nîmes

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La torera à cheval française Léa Vicens, Lea Vicens lors d'un entraînement dans sa finca près d'Hinojos, au sud de Séville,le 14 avril 2021
La torera à cheval française Léa Vicens, Lea Vicens lors d'un entraînement dans sa finca près d'Hinojos, au sud de Séville,le 14 avril 2021
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© AFP, Gabriel BOUYS

publié le lundi 26 juillet 2021 à 21h41

La Société protectrice des animaux (SPA), qui avait déposé plainte pour "cruauté envers les animaux" ou complicité contre la torera Léa Vicens, l'organisateur de corridas Simon Casas et la ville de Nîmes, a été déboutée lundi par le tribunal correctionnel de Nîmes.

Elle devra payer les frais de justice s'élevant à 4.000 euros, a décidé le tribunal à la suite de cette plainte en citation directe.

Les prévenus ont de leur côté été déboutés de leurs demandes de dommages et intérêt. 

Lors de l'audience, le 30 juin, l'avocat de la SPA Me Nicolas Huc-Morel avait qualifié la corrida de "spectacle affligeant et barbare". 

"La SPA utilise le tribunal pour sa propre communication en oubliant le critère juridique", avait rétorqué pour la défense de Simon Casas, Me Jean-Pierre Bigonnet qui avait réclamé en vain la condamnation de l'association pour "procédure abusive".

Le parquet n'avait pas prononcé de réquisitions. 

La SPA a lancé depuis fin 2019 des actions similaires à Dax (Landes), Carcassonne (Aude) et Béziers (Hérault) dans l'objectif affiché de "faire parler" de cette pratique controversée afin "d'obtenir son abolition".

Elle a également été déboutée à Bayonne en novembre 2020 puis à Béziers en mai. 

"Il est indéniable que les coups portés par les picadors causent d'importantes souffrances à l'animal dans le but établi de porter atteinte volontairement à son intégrité physique, les coups étant sciemment portés à l'aide d'une arme puissante perforant le corps de l'animal. Il s'agit d'actes de cruauté" tout comme la répétition des poses de banderilles et la mise à mort à coups d'épée et de poignard, avait souligné le tribunal de Béziers dans son jugement. 

Mais il avait invoqué l'existence d'un "fait justificatif" qui implique que les dispositions de l'article 521-1 du Code pénal punissant les actes de cruauté envers les animaux "ne sont pas applicables aux courses de taureaux avec ou sans mise à mort "lorsqu'une tradition locale ininterrompue peut être invoquée".

Ce "fait justificatif" provoque régulièrement l'indignation des défenseurs des animaux tandis que les aficionados défendent une "culture" locale ou régionale. Des corridas sont organisés régulièrement en Espagne ainsi que dans le sud de la France.

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