Coronavirus : "On peut dire que dans l'Est", le pire est derrière nous, estime le président du Conseil scientifique

Coronavirus : "On peut dire que dans l'Est", le pire est derrière nous, estime le président du Conseil scientifique
Le président du Conseil Jean-François Delfraissy le 13 mars 2020.

, publié le mercredi 08 avril 2020 à 11h16

Si l'immunologue Jean-François Delfraissy estime que la situation s'améliore dans le Grand Est et l'Île-de-France, les deux régions les plus touchées par le coronavirus, il appelle néanmoins à maintenir le confinement pendant encore plusieurs semaines. 

Alors que la France a franchi mardi la barre des 10.000 morts du coronavirus, la situation semble néanmoins s'améliorer, notamment dans le Grand Est et l'Île-de-France, les deux régions les plus touchées par l'épidémie.  "On peut dire que dans l'Est", le pire est derrière nous, a déclaré mercredi 8 avril sur Franceinfo Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique et immunologiste. "L'Est vient de passer ce cap et sur la région parisienne, on est juste à la limite", poursuit l'immunologue




En Île-de-France, "on a des premiers signes qui semblent indiquer que le nombre d'admissions dans les lits en service de réanimation est en train de se stabiliser", précise le médecin, qui juge "que le système de soins offert va tenir le choc en région parisienne grâce à l'effort des soignants et aux transferts". 

Et dans le reste de la France ? Dans le grand Sud-Ouest, peu touché par l'épidémie, "peut-être qu'il y aura" une vague dans "un deuxième temps mais peut-être que non parce qu'ils ont bénéficié du confinement national", précise-t-il. Après trois semaines de confinement, "le niveau de circulation du virus dans sa globalité s'est réduit. C'était le deuxième objectif du confinement, le premier était de réduire les formes graves", explique le spécialiste. 

"La poursuite d'un confinement strict sur plusieurs semaines"

Ce qui ne signifie pas que les Français peuvent se relâcher. "Il faut que le confinement persiste plusieurs semaines à partir de maintenant", martele Jean-François Delfraissy. "Nous l'avons demandé" au gouvernement alors que la fin du confinement est prévue au 15 avril, explique le président du Conseil scientifique. "Dans l'état actuel des connaissances, on peut discuter de ce qui se passera dans le post-confinement, mais l'élément essentiel et capital est la poursuite d'un confinement strict sur plusieurs semaines", insiste-t-il. La veille, il avait affirmé sur BFMTV que cela pourrait porter la fin du confinement  à début mai.

Selon Jean-François Delfraissy, cette durée dépendra de plusieurs critères. "Il y a des marqueurs d'ordre sanitaire, sociétaux, et des éléments économiques. C'est un mélange très difficile. Le sanitaire a la priorité mais ce n'est pas le seul à être pris en compte." Pour le médecin, "tout va dépendre aussi du taux de tolérance de la population".

L'immunologue estime par ailleurs que le déconfinement devra s'accompagner "d'une utilisation très large des masques en population". Il met néanmoins en garde : le masque "c'est surtout protéger les autres si on est porteur du Covid mais asymptomatique". Il ne s'agirait pas de relâcher l'attention sur les mesures de protection. 

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