Coronavirus : "Nous nous préparons à une épidémie dans toute la France"

Coronavirus : "Nous nous préparons à une épidémie dans toute la France"
Le ministre de la Santé Olivier Véran et la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, le 29 février à l'Élysée.

, publié le mercredi 04 mars 2020 à 15h00

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, et la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, ont fait un point sur l'évolution du virus covid-19 en France, mercredi 4 mars à l'issue du conseil des ministres. 

"Nous nous préparons à une épidémie dans toute la France, même si ça n'est pas certain", a averti la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, mercredi, après un conseil de défense à l'Élysée suivi du conseil des ministres. Mais "la vie du pays ne s'arrêtera pas à cause du coronavirus", estime-t-elle. 




Elle était accompagnée du ministre de la Santé, Olivier Véran, pour détailler l'évolution du virus en France et les mesures prises par les autorités.
Voici le point sur la situation. 

QUELS SONT LES SYMPTÔMES ? 

"Avoir le virus ne signifie pas être malade, a rappelé Olivier Véran. Dans 80% des cas, être positif au coronavirus, c'est avoir des symptômes d'un rhume, des symptômes d'un syndrome grippal, avec de la fièvre, des frissons, un mal de tête, parfois une sensation d'oppression thoracique. Dans 15% des cas, ça peut être des symptômes respiratoires plus importants, qui peuvent aller jusqu'à la pneumonie, et dans 4 à 5% des cas en France, ils peuvent conduire à une hospitalisation en soins intensifs ou en réanimation", a détaillé le ministre. "Dans 1 à 2% des cas, ils peuvent conduire au décès des patients. Tous les décès enregistrés à ce stade, que ce soit en France ou en Italie, concernaient des personnes qui avaient un état de fragilité et qui étaient généralement avancées en âge", a-t-il noté. 

FAUT-IL INTERDIRE TOUS LES RASSEMBLEMENTS ? 

"Dans les territoires au sein desquels le virus circule activement, les rassemblements restent strictement limités et sont à l'appréciation locale du maire et du représentant de l'État", le préfet. "En dehors de ces zones, la double instruction donnée samedi demeure en vigueur", a expliqué le ministre : "les rassemblements dans un lieu confiné de plus de 5.000 personnes sont interdits par le préfet (...) Les rassemblements dans des lieux ouverts ne doivent être interdits que s'ils conduisent à brasser des populations issues de zones où le virus circule particulièrement", a indiqué Olivier Véran. "À ce titre, les compétitions sportives, les marchés ou les spectacles en extérieur n'ont pas nécessairement à être interdits."

VA-T-ON FERMER LES ÉCOLES ?

Actuellement, environ 120 établissements scolaires sont fermés, essentiellement dans l'Oise et le Morbihan, autour des principaux foyers épidémiques. "Au sein des zones où le virus est présent, les autorités peuvent être amenées à fermer les écoles", a indiqué le ministre. 

LES MUNICIPALES AURONT-ELLES LIEU ? 

"Il n'est absolument pas à l'ordre du jour de repousser les élections municipales", a indiqué la porte-parole du gouvernement. "Nous ne considérons pas que la situation sanitaire, à ce stade, justifierait un report" du scrutin. "Évidemment, on peut être amené à prendre des précautions assez simples (...), de bon sens, en fonction des recommandations sanitaires", a-t-elle poursuivi. Le jour des élections, les 15 et 22 mars, des "précautions assez simples" pourront être prises dans les bureaux de vote, pour éviter que les électeurs ne soient "collés les uns aux autres dans une file d'attente", et en utilisant les techniques de lavage de mains au gel hydro-alcoolique. 

Elle a indiqué que le ministre chargé des Collectivités territoriales Sébastien Lecornu, ainsi que sa ministre de tutelle, Jacqueline Gourault, vont "rencontrer dans les tout prochains jours" les associations d'élus locaux, dont celle des maires de France (AMF), pour "échanger sur ce sujet".

À QUEL STADE DE L'ÉPIDÉMIE SE TROUVE LA FRANCE ? 

"Nous restons au stade 2 (sur 3) de l'épidémie", au cours duquel "on met tout en œuvre pour freiner la progression, la diffusion du virus", a indiqué Olivier Véran. "Au stade 3, nous n'y sommes pas encore, il convient à la fois de freiner l'expansion du virus, on continue de prendre des mesures pour éviter la progression de l'épidémie, mais en même temps on gère les conséquences de manière à préserver la vie sociale et économique de la nation", a détaillé le ministre de la Santé. Mais il "semble peu probable" que la France ne passe pas au stade 3, a ensuite répondu Sibeth Ndiaye à la question d'un journaliste. 




FAUT-IL PORTER DES MASQUES ? 

Pour le ministre de la Santé, "il est fondamental que les personnes qui ne sont pas malades, qui ne correspondent pas aux critères retenus, qui ne se sont pas vu indiquer le port d'un masque, n'aillent pas chercher des masques (...) parce qu'ils sont importants pour celles et ceux qui en ont besoin." 

Olivier Véran a rappelé les "règles d'utilisation précises des masques chirurgicaux" édictées par la Direction générale de la Santé : "doivent être équipés les professionnels de santé qui exercent en établissements de soins, les professionnels de santé libéraux, les personnes contaminées et les personnes vulnérables. L'usage des masques en dehors de ces indications est inutile. J'en appelle à la responsabilité de chacun : un comportement inapproprié peut altérer le travail de nos professionnels de santé et nous avons besoin (qu'ils) puissent travailler dans les meilleurs conditions de sécurité et d'efficacité", a souligné le ministre. 

LES SALARIÉS PEUVENT-ILS FAIRE VALOIR LEUR DROIT DE RETRAIT ? 

"La situation sanitaire actuelle ne justifie pas l'exercice du droit de retrait", a répondu Sibeth Ndiaye, interrogée sur les employés qui voudraient se prévaloir de ce droit, comme au Louvre. "Le droit de retrait a un cadre juridique et une jurisprudence relativement claires. Ce n'est pas une appréciation subjective. Il faut qu'il y a un danger grave imminent qui puisse mettre en cause de manière directe votre vie ou votre santé", a-t-elle poursuivi lors d'un point de presse à l'issue du conseil des ministres.

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