Coronavirus: Macron va s'exprimer face à l'épidémie qui s'accélère

Coronavirus: Macron va s'exprimer face à l'épidémie qui s'accélère

, publié le lundi 16 mars 2020 à 13h12

Emmanuel Macron doit à nouveau intervenir lundi soir sur les nouvelles mesures de lutte contre l'épidémie de coronavirus face à une situation qui "se détériore très vite".

Le chef de l'Etat devrait annoncer dans une allocution à 20 heures les mesures qui seront décidées lors d'une nouvelle réunion du Conseil de défense, a précisé l'Elysée, alors que redoublent les spéculations sur un possible confinement généralisé de la population. 

Selon le dernier décompte de l'agence nationale de santé publique, Santé Publique France, le bilan de l'épidémie a grimpé dimanche à 127 morts et 5.423 cas confirmés, soit 36 morts et plus de 900 cas supplémentaires en 24 heures. Plus de 400 personnes sont hospitalisées dans un état grave.

C'est la plus forte augmentation quotidienne des cas et décès depuis l'apparition du virus en France, qui est officiellement entrée samedi dans le stade 3 de l'épidémie.

Depuis dimanche les Français sont invités à rester chez eux et la plupart des lieux publics et commerces non essentiels sont fermés, ainsi que les crèches, écoles et universités depuis ce lundi matin et pour plusieurs semaines. 

Mais ce n'est peut-être qu'un début face à des concitoyens jugés "indisciplinés" quant aux mesures à respecter pour freiner l'épidémie.

Répondant aux rumeurs d'un confinement total et obligatoire immédiat, comme cela a été décidé en Italie ou en Espagne, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye a assuré lundi sur France Inter qu'il s'agissait d'une "fake news".

Mais "nous prendrons toutes les mesures qui peuvent être utiles pour faire en sorte de modifier en profondeur les comportements", a-t-elle mis en garde.

"Chaque Français et chaque Française ce matin doit se dire: comment je fais dès aujourd'hui pour diviser par trois ou quatre le nombre de personnes dont je m'approche", a insisté sur France Inter le directeur général de la Santé Jérôme Salomon, reprenant à son compte le "cri l'alerte" lancé sur les réseaux sociaux par des soignants: "Reste chez toi, c'est aussi simple que ça".

Parce que la situation est "très inquiétante" et "se détériore très vite", a-t-il insisté. 

"Le nombre de cas double désormais tous les trois jours", a-t-il souligné, insistant notamment sur les "centaines" de malades en réanimation et dont le pronostic vital est engagé.

"Il y a une inquiétude que cette rapidité de l'épidémie entraîne une saturation du système hospitalier français, ce que nous voulons absolument éviter", a-t-il encore déclaré, citant notamment la situation difficile en Alsace et en Ile-de-France.

Il a également souligné que les patients étaient "souvent des personnes jeunes" et que "la moitié des personnes en réanimation ont moins de 65 ans". "On peut se retrouver en situation très grave étant un adulte en bonne santé", a-t-il insisté, alors que nombre de personnes pensent que les personnes âgées sont les principales touchées.

"On voit la vague arriver" dans les hôpitaux où l'épidémie provoque déjà "un afflux de patients" et où certains services de réanimation "sont déjà débordés", a alerté lundi le Pr Philippe Juvin, chef des urgences de l'hôpital parisien Georges-Pompidou, qui recommande un confinement.

- Tous acteurs de la santé -

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a lui aussi appelé à une prise de conscience, alors que de nombreux Français, notamment à Paris, ont profité dimanche du soleil printanier pour se presser dans les parcs et jardins publics.

"Nous sommes tous acteurs de la santé", les décisions que nous prenons au quotidien, la sortie que nous allons annuler, la soirée en famille ou le repas en famille que nous n'allons pas faire: tout cela est déterminant pour protéger la santé des Français", a-t-il lancé dimanche sur France 2.

Outre les mesures de fermetures, le gouvernement a également décidé de réduire drastiquement les transports longue distance, avec un trafic ferroviaire bientôt divisé par deux et seulement "quelques vols" internationaux. Les transports locaux seront toutefois épargnés.

La France renforce également les contrôles à sa frontière avec l'Allemagne qui elle a commencé à filtrer les automobilistes et piétons venant de France.

Les commerces "présentant un caractère indispensable" comme les magasins d'alimentation, pharmacies, banques, stations-services ou de distribution de la presse et de tabac sont épargnés, tout comme les services publics. Mais aussi les pompes funèbres ou encore les fournisseurs des agricultures, selon un arrêté publié lundi.

Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a de son côté assuré qu'il n'y aurait "pas de pénurie" tout en demandant aux Français de ne pas multiplier les achats de précaution.

Les voyagistes français ont de leur côté annoncé lundi le report de tous les départs prévus jusqu'à au moins fin mars.

- Le second tour aura-t-il lieu ? -

Outre d'éventuelles mesures de confinement, le président Macron doit également trancher sur le maintien ou non du second tour des élections municipales, dont le premier tour dimanche a vu la participation fondre à un niveau inédit, autour de 46%, en dépit des mesures de précaution imposées dans les bureaux de vote.

Un effondrement historique qui nourrit des interrogations grandissantes sur le maintien du second tour, dont de nombreux responsables politiques demandaient dès dimanche le report.

Dans ce contexte, Edouard Philippe a annoncé depuis Le Havre qu'experts scientifiques et partis politiques seraient consultés "en début de semaine", en espérant obtenir un "consensus républicain" sur le sujet.

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