Coronavirus : les policiers exigent des masques, Christophe Castaner dédramatise

Coronavirus : les policiers exigent des masques, Christophe Castaner dédramatise
Un policier à Paris, le 18 mars 2020.

, publié le jeudi 19 mars 2020 à 11h34

Le droit de retrait "n'est possible que si le fonctionnaire est exposé à un danger grave et imminent", a rappelé Christophe Castaner.

Les policiers "ne sont pas en risque" face au Covid-19, a assuré jeudi 19 mars le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner. Un message difficile à entendre pour les syndicats de policiers, dont certains menacent de faire valoir leur droit de retrait s'il ne reçoivent pas d'équipements de protection.

"Droit de retrait des policiers s'ils n'ont pas masques, gants, gel, matériel sanitaire à disposition lorsque la mission ou la situation l'exige", a écrit mercredi le syndicat policier Alliance dans un tract. L'organisation syndicale réclame notamment le port du masque "à discrétion de l'agent, non au bon vouloir de la hiérarchie", la fourniture de gants et de gel antibactérien, la "priorisation des missions pour les services".



Les syndicats policiers s'alarment depuis le début de l'épidémie du manque de masques à disposition des agents et s'offusquent des règles régissant leur utilisation lors des interventions, en particulier les contrôles visant à faire respecter le confinement.

De nombreuses vidéos montrant la diffusion de consignes de ne pas porter de masque en patrouille ont suscité l'émoi dans les rangs policiers, selon plusieurs sources syndicales et policières.    

La réponse du ministre de l'Intérieur est tombée : "Je veux passer un message de confiance et rassurer les personnels : non il ne sont pas en risque. Le risque c'est plutôt de mal porter et de porter de façon continue le masque", a expliqué Christophe Castaner. "Nous ne sommes pas dans la situation des personnels de santé qui sont confrontés directement à des malades", a-t-il insisté. Se référant au Pr Jérôme Salomon, directeur général de la Santé (DGS), le  ministre de l'Intérieur a rappelé qu'il est "inutile et même contradictoire en terme de santé de porter un masque en permanence dans la rue".


 "Ce qui compte c'est que (les policiers) puissent avoir ces gestes barrières, et qu'en cas de confrontation à une personne qui a les signes du Covid-19 ou qui indique qu'elle a le Covid-19, ils puissent se saisir des masques, qu'ils doivent avoir en proximité", a-t-il dit. Le ministre a toutefois reconnu des "dysfonctionnements". "Nous avons eu des dysfonctionnements, ils peuvent arriver et notamment sur le gel hydroalcoolique", a-t-il dit, en assurant que "tous les services" étaient mobilisés "pour remettre à niveau cet équipement là".

Le droit de retrait "n'est possible que si le fonctionnaire est exposé à un danger grave et imminent ou un équipement défectueux et que l'employeur ne prend aucun mesure pour y remédier", a répondu leur ministre. "S'agissant des policiers, ils ne peuvent s'en prévaloir dès lors qu'il s'agit d'accomplir leur mission puisqu'elle est par nature dangereuse, ils le savent", selon Christophe Castaner.

"Je veux leur dire (...) nous sommes là, ils ne sont pas en risque, il faut qu'il fasse attention aux gestes barrières", a-t-il asséné en indiquant aux policiers notamment de "ne pas prendre les attestations (de déplacement) en main".

"Il va falloir équiper (les policiers, ndlr) en urgence au risque de voir se diffuser un virus encore plus pernicieux, celui de la rumeur et de la suspicion permanente", a affirmé mercredi David Le Bars, secrétaire général du Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN-Unsa), dans une newsletter interne. "Il est inacceptable d'entendre que le masques sont réservés aux malades ou aux médecins, pour plusieurs raisons de bon sens: en l'absence de dépistages de cette maladie, personne ne sait qui est malade, ni dans les rangs des forces de l'ordre, ni au sein de la population", observe le syndicaliste.

"Lorsque les policiers observent leurs homologues de pays étrangers, ils constatent que tous sont dotés de masques", ajoute M. Le Bars.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.