Coronavirus : les médecins s'inquiètent d'une hausse des renoncements aux soins

Coronavirus : les médecins s'inquiètent d'une hausse des renoncements aux soins
(illustration)

publié le jeudi 05 novembre 2020 à 11h37

Lundi, les ordres médicaux avaient appelé les patients à ne pas reporter leurs rendez-vous, comme lors du premier confinement.

Comme au printemps, le confinement se traduit par un moindre recours des Français aux soins. Baisse de la prise de rendez-vous chez le médecin, voire annulations pures et simples...

La situation inquiète les professionnels de santé qui craignent un désastre sanitaire supplémentaire, explique Le Parisien jeudi 5 novembre.

Lors de la première vague déjà, plus d'un patient sur trois avait renoncé ou retardé des soins, avec le risque d'une aggravation de son état de santé, surtout chez les malades chroniques (cancéreux, diabétiques...).

Et la situation semble devoir se répéter. Ainsi, entre le 29 octobre et le 3 novembre, la plateforme de prise de rendez-vous en ligne Doctolib a enregistré une hausse de 30% des annulations de rendez-vous et une baisse de 10 à 15% des rendez-vous, indique Le Parisien. "Les spécialistes sont particulièrement concernés avec +38% d'annulations de rendez-vous", selon le président de Doctolib, Stanislas Niox-Château. Cela reste toutefois en deçà des chiffres du premier confinement (-44% chez les généralistes et -71% chez les spécialistes).


"Nous sommes nombreux à constater une instabilité des agendas depuis le confinement, confie au Parisien un médecin généraliste parisienne. J'ai appelé beaucoup de mes patients, notamment les malades chroniques pour leur dire que le cabinet est ouvert, qu'ils ne doivent pas reporter les rendez-vous. Plusieurs m'ont dit craindre de côtoyer au cabinet des patients contaminés. D'autres, poursuit-elle, estiment qu'ils ne sont pas prioritaires, qu'il faut laisser la place aux victimes de la Covid. Beaucoup annulent croyant à tort que nous sommes débordés. C'est au point que mes délais de rendez-vous ont nettement raccourci !"

Les conséquences éventuelles de cette tendance sont graves. "Une dégradation de l'état de santé des patients, un diagnostic tardif de pathologies comme le cancer en cas de renoncement à un dépistage et une prise en charge trop tardive des grossesses non désirées", explique-t-elle. Sans compter le risque d'embouteillage dans les cabinets à la fin du confinement.

Lundi, les ordres des médecins, pharmaciens, infirmiers, dentistes, kinés, sages-femmes et podologues avaient appelé "l'ensemble des patients à continuer de consulter leurs praticiens" durant le reconfinement, pour ne pas subir "à nouveau une perte de chance"
 

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