Coronavirus : "Les chiffres sont inquiétants. On est vraiment sur une ligne de crête", met en garde Jean-François Delfraissy

Coronavirus : "Les chiffres sont inquiétants. On est vraiment sur une ligne de crête", met en garde Jean-François Delfraissy
Le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, en avril 2020.

, publié le mardi 21 juillet 2020 à 10h45

Selon le président du Conseil scientifique, la situation en France peut "basculer", même si "aucun indicateur n'est vraiment au rouge". Il a appelé les Français à la prudence et au respect des gestes barrières. 

"L'épidémie n'a jamais cessé en France.

Le confinement a fait baisser de façon très important la circulation du virus mais il ne l'a pas arrêtée", a mis en garde mardi le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, faisant le point de la pandémie en France. . "Les chiffres sont inquiétants. Nous sommes sur une ligne de crête instable", a-t-il martelé sur RMC et BFMTV, ajoutant que la France pouvait "basculer" dans une situation similaire à celle de la Catalogne. 



"Même si aucun des indicateurs n'est vraiment au rouge, des cas de coronavirus réapparaissent dans certains hôpitaux où il a fallu rouvrir des lits", a poursuivi le président du Conseil scientifique qui s'est notamment inquiété d'"une série de clusters particulièrement importants" dans "des zones très peu touchées en particulier dans l'Ouest". "Les Français doivent comprendre que rien n'est gagné", a poursuivi Jean-François Delfraissy. "La France peut rester sur cette ligne de crête, certes avec difficultés, en utilisant les tests, en entourant les clusters de façon très massive, ou au contraire basculer dans quelque chose qui ressemblerait plus à l'Espagne, à la Catalogne, avec des reconfinements", a-t-il ajouté. 

"Ce sont nos propres comportements qui nous conduiront à rester sur la ligne de crête ou à basculer", a-t-il expliqué, appelant les Français à ne pas se relâcher dans le respect des gestes barrières et saluant l'obligation du port du masque dans les lieux clos. "Il est frappant de voir que les Français ont perdu les grandes notions de distanciation, de grande précaution", a-t-il souligné, en admettant que ce relâchement pouvait se comprendre. "C'est nous qui possédons notre avenir" en cette période d'été, "qui serons capables d'avoir une épidémie un peu gérée avec un virus qui continue de circuler et trop de clusters", a-t-il averti. En n'imposant pas le port du masque le 11 mai "on avait fait appel à la responsabilité citoyenne", a-t-il rappelé. 

Le professeur Delfraissy s'est inquiété pour "les populations les plus précaires, les personnes qui peuvent tomber dans la précarité. "Le 93 est plus touché que d'autres départements, les Français d'origine étrangère ont un taux de mortalité plus important". Ces populations "sont fragilisées", "si on laisse redémarrer une infection du Covid plus importante dans ces populations, ce sera pour l'ensemble de la population", a-t-il averti.

Jean-François Delfraissy a également indiqué que les autorités sanitaires travaillaient à "simplifier l'accès aux tests" pour "les rendre plus faciles et totalement gratuits". La gratuité des masques et des tests est "une discussion qui sera mise sur la table dans les jours qui viennent", a-t-il assuré.


Le Conseil scientifique travaille par ailleurs sur plusieurs hypothèses sur l'avenir du virus. La "plus probable" selon le professeur Delfraissy est une deuxième vague, "un vrai retour du virus, arrivant du Sud, pour la période octobre, novembre, décembre". Les autres hypothèses envisagent une disparition progressive du virus ou son installation chronique sur une longue période.
 

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