Coronavirus : le gouvernement répond aux critiques sur le manque de lits de réanimation

Coronavirus : le gouvernement répond aux critiques sur le manque de lits de réanimation
Olivier Véran à Paris, le 15 octobre 2020.

, publié le jeudi 15 octobre 2020 à 18h16

"Un anesthésiste-réanimateur, c'est 11 ans de formation", a martelé Olivier Véran.

Ouvrir des lits de réanimation "à l'infini" n'est pas la solution face à l'épidémie de coronavirus, ont estimé jeudi 15 octobre les membres du gouvernement, en réponse aux critiques de ceux qui en réclament des créations massives.

"Je souhaite d'emblée clarifier un point : j'entends dire que la bonne réponse aurait été de créer massivement des lits supplémentaires en réanimation plutôt que de prendre des mesures de freinage de l'épidémie. C'est doublement faux", a déclaré le Premier ministre Jean Castex lors d'une conférence de presse, déclarant que "la seule vraie stratégie possible" était de freiner l'épidémie. Il a notamment assuré qu'"aucun système hospitalier ne serait capable de faire face" à un afflux massif en réa et que c'est "impossible" de former des soignants spécialisés dans des délais si courts.


"Un anesthésiste-réanimateur, c'est 11 ans de formation", a renchéri le ministre de la Santé Olivier Véran, notant toutefois que des formations pratiques pour infirmiers et aide-soignants avaient été mises en place.

"Rien que dans les hôpitaux parisiens, ce sont 750 infirmières et aide-soignantes qui ont participé à une formation qui leur permettront demain si la situation devait l'exiger de renforcer les effectifs en service de réanimation".

"Mais l'objectif n'est pas de faire le plein de réa, d'avoir un nombre de réa extensible à l'infini (...) Ce que nous voulons c'est empêcher les cas graves", a martelé Olivier Véran. Assurant que la France disposait de respirateurs, de médicaments et d'équipements spécialisés "pour faire face à une vague plus importante si nécessaire", il a indiqué que le nombre était passé de 5.000 à 5.800 lits durables.

Selon les chiffres de Santé Publique France, 1.664 patients sont actuellement en réanimation, contre plus de 7.000 au pic de l'épidémie début avril, mais ce chiffre augmente chaque jour. "Chaque fois que c'est nécessaire nous augmentons les capacité de réanimation, mais comment faisons-nous ? Nous supprimons des blocs opératoires, des salles de réveil, nous déprogrammons des soins de chirurgie pour des malades qui en ont besoin", a souligné le ministre de la Santé. "Il n'est plus possible, comme au cours de la première vague, de déprogrammer massivement d'autres pathologies graves", a insisté de son côté Jean Castex.

Le président de l'association des médecins urgentistes de France (Amuf) Patrick Pelloux avait regretté mercredi soir, après l'annonce du couvre-feu par Emmanuel Macron, qu'"on paralyse le pays parce qu'il manque de la place dans les hôpitaux". "Il ne répond pas à la priorité qui est de rouvrir des lits à l'hôpital", avait-il déclaré.

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