Coronavirus : l'infectiologue Éric Caumes craint un "tsunami"

Coronavirus : l'infectiologue Éric Caumes craint un "tsunami"
L'hôpital parisien La Pitié-Salepêtrière, à Paris.

, publié le dimanche 15 mars 2020 à 08h52

Chef du service infectiologie à la Pitié-Salpêtrière, le praticien appelle à casser "l'épidémie au plus vite".

"La vague arrive, ça va être un tsunami si on ne casse pas l'épidémie au plus vite", avise d'emblée Éric Caumes dans un entretien au JDD.


Il décrit une situation à la limite de la saturation dans les hôpitaux : "Partout, des patients venus pour autre chose sont diagnostiqués positifs, comme des soignants. Mon service sera plein ce soir. J'espère me tromper, mais je pense qu'une crise sanitaire majeure s'annonce." 


D'après le spécialiste, formé à l'épidémiologie, il faudrait s'inspirer du cas chinois pour tenter d'enrayer la propagation du virus. "Les Chinois offrent leur aide en fournissant des respirateurs. Ce retournement de situation est riche d'enseignements". 

Sur la différence de capacités d'accueil entre l'Italie et la France, l'infectiologue n'y croit pas. "Les hôpitaux du nord de l'Italie n'ont rien à envier aux nôtres", assure-t-il, exprimant la crainte "que, pendant l'épidémie, des personnes connaissant d'autres problèmes de santé soient plus difficilement prises en charge car jugées moins prioritaires." Il avertit sans détour : "le système hospitalier n'est pas extensible à l'infini, et on va manquer de personnel non médical."

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