Coronavirus : l'AP-HP accuse Raoult de "faux témoignage lors de son audition à l'Assemblée

Coronavirus : l'AP-HP accuse Raoult de "faux témoignage lors de son audition à l'Assemblée
Le 24 juin, le professeur controversé était auditionné à l'Assemblée dans le cadre de la commission d'enquête parlementaire sur la crise du coronavirus

, publié le mercredi 01 juillet 2020 à 21h00

Dans un courrier adressé au président de l'Assemblée nationale ce mercredi, l'Assistance publique des hôpitaux de Paris (APHP) accuse le Pr Didier Raoult de "faux témoignage" lors de son audition devant la commission d'enquête.

Ses déclarations sous serment "semblent s'apparenter à un faux témoignage". Didier Raoult est accusé par l'Assistante Publique des Hôpitaux de Paris (AP-HP) d'avoir menti lors de son audition par la commission d'enquête parlementaire sur la crise du Covid-19 le 24 juin.

Dans un courrier adressé à Richard Ferrand, le président de l'Assemblée nationale, mercredi 1er juillet, l'AP-HP accuse l'épidémiologiste controversé de "faux témoignage'. 

"Il me semble essentiel (...) que les travaux de la commission ne puissent être fondés sur des éléments factuellement faux, et que les suites qui s'imposent puissent être données", a écrit le directeur général de l'AP-HP, Martin Hirsch, dans cette lettre. 

Deux passages de l'audition du Professeur Didier Raoult sont visés dans la lettre : d'une part, une estimation des taux de décès de malades en réanimation, et de l'autre, des propos sur un patient chinois de 80 ans hospitalisé à Paris fin janvier et qui était décédé mi-février, la première mort du Covid-19 officiellement enregistrée hors Asie.


"Ces déclarations mettent gravement en cause l'AP-HP"

"Ces déclarations, qui mettent gravement en cause l'AP-HP, faites sous serment, me semblent s'apparenter à un faux témoignage", accuse Martin Hirsch dans ce courrier daté du 26 juin. Deux jours avant, devant la commission, Didier Raoult, fervent autant que controversé défenseur de l'hydroxychloroquine, avait évoqué la question de la mortalité, en disant s'appuyer sur "un travail" disponible en ligne.

"La mortalité dans les réanimations ici, dans ce travail toujours, est de 43%. Chez nous, elle est de 16% ", avait-il dit, sans préciser exactement d'où il tirait ces chiffres. "Le soin est passé au second plan", avait poursuivi le Professeur Raoult, directeur de l'Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée-Infection de Marseille.

Une donnée que Martin Hirsch conteste : "nous n'avons aucune donnée qui place à 43% la mortalité dans les réanimations de l'AP-HP", sans préciser à combien se monte ce taux, et pointant l'absence d'étude comparative des taux de mortalité en réanimation entre les hôpitaux parisiens et marseillais.

La patient de 80 ans "n'a jamais été renvoyé chez lui"

Par ailleurs, Didier Raoult a affirmé que le patient chinois de 80 ans s'était présenté "à la Pitié-Salpêtrière", était "rentré chez lui", puis était "revenu 7 jours après" et était "venu mourir dans un hôpital". "Le seul patient chinois de 80 ans auquel peut faire référence le Pr Didier Raoult a été admis le 25 janvier 2020 à l'hôpital européen Georges Pompidou. Il n'a jamais été renvoyé chez lui", a souligné Martin Hirsch.

Il rappelle que ce patient a ensuite été transféré "à l'hôpital Bichat, centre national de référence", où sa fille, elle aussi malade, a également été prise en charge avant de guérir.

Depuis le 16 juin, les députés de la commission d'enquête entendent toutes les personnes qui ont pu avoir un rôle dans cette crise - ministres, dirigeants d'agences sanitaires et d'administrations ou encore scientifiques - pour "établir la généalogie et la chronologie de cette crise". Objectif :disséquer les "défaillances" dans la gestion de la crise du coronavirus et "tirer les leçons" de cet épisode inédit, qui a conduit à un confinement généralisé de huit semaines et plongé le pays dans une profonde crise économique et sociale. 

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