Coronavirus : "Il y a trop d'affolement, trop de panique", selon le Pr Raoult

Coronavirus : "Il y a trop d'affolement, trop de panique", selon le Pr Raoult
Didier Raoult à Paris, le 15 septembre 2020.

, publié le lundi 28 septembre 2020 à 11h25

Le médecin controversé s'inquiète du coût social de l'épidémie, bien plus important que le coût en vies humaines, selon lui. 

Alors que les indicateurs de l'épidémie de coronavirus continuent de se dégrader en France, le Pr Raoult a estimé lundi 28 septembre sur RTL que les autorités sanitaires ne savaient pas "gérer la peur". Selon Le Monde, le directeur de l'Institut universitaire Méditerranée a accusé récemment l'Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM) de diffuser des "messages alarmistes" et de porter "une responsabilité dans les mesures déraisonnables prises contre la ville, par le ministre de la santé".

"Je pensais et je pense toujours, je n'ai pas changé, que la peur est pire que le mal, a-t-il expliqué sur RTL.

Et c'est ce qu'il se passe. Il y a trop d'affolement, trop de nervosité, trop de panique. On regardera à la fin. Le poids de la mortalité, à côté du poids social, va être négligeable. Le poids social va être considérable car la peur n'a pas su être gérée."


Interrogé sur ses déclarations du mois d'avril, quand il avait soutenu que l'épidémie était en train de disparaître, il n'a pas reconnu d'erreur. "Les gens qui observent voient les choses plus tôt que les gens qui ne les observent pas directement, a expliqué le microbiologiste. J'ai dit ce que j'avais à dire. Je continuerai de dire ce que j'ai à dire avec les chiffres que l'on observe. Mais bien entendu, quand on a dit assez tôt, en avril, que l'on était passé derrière le pic de la courbe, on le voyait parce qu'on avait les données au quotidien."

"Les gens disent que non, ça n'était pas vrai, mais il n'empêche que ça s'est arrêté à peu près là où on pensait que ça allait s'arrêter, a poursuivi le professeur. Ça n'était pas une prédiction en soi. Les courbes ont cette forme en général, donc si elle suit la courbe habituelle, c'est là que ça se passe. Ça, c'est de l'observation. La science n'est pas dans la même échelle de temps. Je ne tiens pas avoir raison au jour le jour. Parler à la presse ne m'attire que des ennuis."

Dimanche, des médecins de l'AP-HM avaient répondu aux accusations du Pr Raoult, dans une tribune publiée dans La Provence. Ils y présentaient, chiffres à l'appui les difficultés rencontrées dans leur services, et celles attendues, ainsi que leur crainte d'avoir à "choisir les malades" à soigner, si la situation sanitaire venait à se dégrader. L'IHU du Pr Raoult, qui dépend de l'AP-HM, ne compte "aucune structure de réanimation et ne traite qu'une partie des malades dont l'état ne nécessite pas les prises en charges les plus lourdes, écrivaient-il. En outre, il a été, comme lors de la première vague, rapidement dépassé dans ses capacités d'hospitalisation conventionnelle."



 

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