Coronavirus : en 2016, Jérôme Salomon alertait déjà Macron sur les risques d'épidémie

Coronavirus : en 2016, Jérôme Salomon alertait déjà Macron sur les risques d'épidémie©Panoramic

, publié le vendredi 20 mars 2020 à 17h20

L'Opinion revient sur une note rédigée en 2016 par Jérôme Salomon, aujourd'hui directeur général de la Santé, où il prévenait les équipes d'Emmanuel Macron que la France n'était pas préparée à faire face à une grave épidémie.

C'est un document qui résonne différemment aujourd'hui.

L'Opinion s'est concentré sur les « MacronLeaks », les 20 000 courriels piratés puis diffusés par WikiLeaks. Parmi eux, on retrouve une note du professeur Jérôme Salomon, aujourd'hui directeur général de la Santé, rédigée à l'attention d'Emmanuel Macron. À l'époque simple conseiller santé du futur président de la République, il faisait part de sa crainte concernant les capacités de la France à combattre une épidémie.


« La France n'est pas prête », écrivait-il dans ce message. Selon lui, le système de réponse n'était pas assez bien structuré, soulignant le « manque de réactivité et de capacités d'adaptation aux situations spécifiques et évolutives » ainsi que les difficultés d'accueil « en milieu hospitalier, en particulier si l'afflux de victimes est important, supérieur à 300 en urgence absolue ».

Dans un autre mail envoyé par Jérôme Salomon le 11 janvier 2017 à Quentin Lafay, Julien Denormandie et Benjamin Griveaux, il prenait en exemple l'importante épidémie de grippe qui touchait la France, la jugeant comme « une triste et caricatural confirmation du paradoxe français ». Selon L'Opinion, il expliquait la propagation du virus « par l'absence de maîtrise des gestes basiques d'hygiène : mouchoirs en papier jetables, lavage des mains, solutions hydroalcooliques, port du masque par les malades généralisé en Asie et quasi inconnu en France ! ». Un constat qui prend tout son sens aujourd'hui.

Des propositions jugées « alarmistes »

Outre le fait de constater des dysfonctionnements dans l'organisation française face à un risque d'épidémie, Jérôme Salomon prenait l'exemple du système de santé en Israël. Il proposait de « faire subir un crash test à notre dispositif national de réponse, d'évaluer les points critiques et de proposer les adaptations les plus stratégiques du système de gestion ». S'il ambitionnait à l'époque de devenir ministre de la Santé, le professeur assurait s'être d'abord concerté avec plusieurs professionnels de santé avant de dresser ce constat.

Conseiller d'Emmanuel Macron, Quentin Lafay lui aurait répondu : « Parlons-en demain soir discrètement, je trouve cela très intéressant. » Une réponse qui détonne avec les autres avis de l'époque sur Jérôme Salomon. L'Opinion rapporte que ses propositions ont souvent été jugées « iconoclastes » ou même « alarmistes » par certains proches du président Macron, comme Alexis Kohler.

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