Coronavirus : écoles fermées, municipales maintenues... Les annonces d'Emmanuel Macron

Coronavirus : écoles fermées, municipales maintenues... Les annonces d'Emmanuel Macron
Emmanuel Macron s'exprime à la télévision jeudi soir.

, publié le jeudi 12 mars 2020 à 20h30

Le chef de l'État a appelé à "l'union sacrée", jeudi 12 mars, lors de sa première allocution depuis le début de la crise. Il a annoncé la fermeture de toutes les crèches, ainsi que tous les établissements scolaires et universitaires dès lundi, pour une durée indéterminée.

En revanche, les élections municipales sont maintenues et les transports publics continuent à fonctionner. Ce vendredi 13 mars, Jean-Michel Blanquer, invité de France Inter, a annoncé que cette fermeture ira "jusqu'aux vacances de printemps, qui commencent au début du mois d'avril et fonctionnent par zones. C'est le mois de mars qui va être touché."

Cette épidémie est "la plus grave crise sanitaire qu'ait connu la France depuis un siècle", a déclaré le chef de l'État en débutant son allocution de 25 minutes, très attendue, prononcée sur un ton solennel, alors que le coronavirus a causé 13 nouveaux décès en France, portant le total à 61 morts pour 2.876 personnes affectées, dont 129 sont en réanimation.

"Nous ne sommes qu'au début de cette épidémie", a averti Emmanuel Macron, "et un principe nous guide (...) : la confiance dans la science", a expliqué le président. Citant "les plus grands spécialistes européens", et après une réunion, jeudi matin, du "comité scientifique de suivi" avec le Premier ministre, Emmanuel Macron a révélé que "tous nous ont dit que (...) le virus continue de se propager". 



En conséquence, Emmanuel Macron a déroulé une série de mesures pour "protéger les plus vulnérables" et freiner l'épidémie.

- Tous les enfants à la maison à partir de lundi

Le chef de l'État a annoncé la fermeture, à partir de lundi de toutes les crèches et écoles, tous les collèges et lycées, et toutes les universités "jusqu'à nouvel ordre". Une mesure choc prise pour "protéger" les enfants et "réduire la propagation" du coronavirus. "Un service de garde sera mis en place région par région", pour que les personnels "indispensables à la gestion de la crise sanitaire" puissent "faire garder leurs enfants et continuer d'aller au travail", a-t-il ajouté.

Ce vendredi 13 mars, le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer a apporté des précisions sur cette mesure, invité au micro de France Inter : la fermeture des établissements scolaires ira "jusqu'aux vacances de printemps, qui commencent au début du mois d'avril et fonctionnent par zones. C'est le mois de mars qui va être touché."

- Des mesures pour protéger "nos compatriotes les plus vulnérables" 

Pour "protéger nos compatriotes les plus vulnérables", il a invité toutes les personnes de plus de 70 ans, souffrant de maladies chroniques ou de problèmes respiratoires, les personnes en situation de handicap à "rester chez elles autant que possible". Exhortant les citoyens à "faire bloc", il les a appelés à limiter leurs déplacements "au strict nécessaire".

L'exécutif prend aussi "des mesures très fortes", notamment "pour augmenter massivement nos capacités d'accueil" dans les hôpitaux. Ainsi, toutes les opérations chirurgicales non urgentes sont reportées.
La crise frappe les plus vulnérables, mais les autorités se préparent aussi à "une deuxième vague" qui toucherait les plus jeunes, avertit le président. 

- Les municipales maintenues 

En revanche, "rien ne s'oppose à ce que les Français se rendent aux urnes" dimanche. Le premier tour des élections municipales "se tiendra", a annoncé Emmanuel Macron, après que le possible report du scrutin avait été évoqué par plusieurs médias jeudi. "Il est important en ce moment, en suivant l'avis des scientifiques comme nous venons de le faire, d'assurer la continuité de notre vie démocratique et de nos institutions", a assuré le chef de l'État. "Mais il conviendra de veiller au respect strict des gestes barrières", a indiqué Emmanuel Macron. 

- Télétravail et mesures "massives" pour l'économie 

Pour freiner l'épidémie, il demande aussi aux entreprises de "permettre à leurs employés de travailler à distance". Par ailleurs, "nos transports publics seront maintenus", a indiqué le président. 

"L'État prendra en charge l'indemnisation des salariés contraints à rester chez eux. (...) Je veux que nous puissions protéger aussi nos indépendants, et donc nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour donner cette garantie sur le plan économique", promet-il. 

Il a aussi annoncé le report des cotisations et des impôts dus en mars par les sociétés. La fin de la trêve hivernale est reportée de deux mois. "Il nous faut continuer à gagner du temps" contre l'épidémie, a-t-il souligné.

Concernant les conséquences de l'épidémie sur l'activité économique, le président a annoncé des mesures "exceptionnelles et massives" pour "protéger les salariés et les entreprises" face à l'épidémie du coronavirus."Dès les jours à venir, un mécanisme exceptionnel et massif de chômage partiel sera mis en œuvre", qui ira "beaucoup plus loin" que les annonces déjà faites par le gouvernement pour "préserver les emplois et les compétences", a affirmé Emmanuel Macron lors de son allocution télévisée.

- Pas de fermeture des frontières 

Plus largement, Emmanuel Macron a annoncé avoir demandé au gouvernement de préparer "un plan de relance national et européen". "Nous devons aussi porter une réponse européenne. La banque centrale a déjà aujourd'hui fait part de ses premières décisions. Seront-elle suffisantes ? Je ne le crois pas", a-t-il jugé. 

Le président appelle par ailleurs à "éviter le repli nationaliste" face au coronavirus qui "n'a pas de frontières". Il assure que les fermetures de frontières, "quand elles seront pertinentes", seront décidées "à l'échelle européenne". Critiquant la "division" dans la réponse face à la propagation de ce virus, il a indiqué qu'il allait prochainement échanger avec Donald Trump. Le président américain a annoncé, mercredi, interdire aux Européens de venir sur le sol américain. 

- "Je compte sur vous" 

"On ne vient à bout d'une crise d'une telle ampleur sans faire bloc, sans une grande discipline individuelle et collective (...) le temps est à l'union sacrée", a insisté Emmanuel Macron. "Je compte sur vous, parce que le gouvernement ne peut pas tout seul, et parce que nous sommes une nation", a-t-il ajouté, invitant chacun à respecter les consignes et les gestes barrière contre le virus "aujourd'hui encore trop peu appliqués". "Ces gestes, ils peuvent vous à paraître anodin, ils sauvent des vies", a-t-il souligné.
 

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