Coronavirus : à Lille, manifestation du monde du spectacle qui se dit "en danger"

Coronavirus : à Lille, manifestation du monde du spectacle qui se dit "en danger"
(Photo d'illustration)

, publié le lundi 28 septembre 2020 à 22h18

A Lille, plusieurs centaines de salariés et intermittents du spectacle vivant et de l'événementiel ont manifesté lundi 28 septembre pour demander l'allègement des protocoles sanitaires contre l'épidémie de Covid-19.

Les mesures anti-Covid ont fait réagir aux quatre coins de la France. A Lille, c'est le secteur de la culture qui voulu se faire entendre.

Dans l'après-midi ce lundi 28 septembre, environ 450 salariés et intermittents du spectacle vivant et de l'événementiel ont manifesté pour demander l'allègement des protocoles sanitaires contre l'épidémie, se disant "en danger" face à des aides "insuffisantes".



"Danseuse mais pas pantin", "Ne nous enterrez pas vivants!", "On ne va pas s'arrêter de vivre par crainte de mourir", pouvait-on lire sur les pancartes et banderoles des participants, qui ont déambulé sous une pluie fine dans le centre-ville. Parmi eux, de nombreux acteurs du monde du spectacle et de la vie nocturne : producteurs, musiciens, chanteurs, danseurs, DJ, comédiens, artistes, techniciens, photographes...


Une page de la manifestation a été créée sur Facebook par le compte Tous à Lille. "Cet événement concerne tous les métiers de l'événementiel et du spectacle, en grand danger actuellement et qui risquent de mourir si rien n'est fait. Il est urgent d'agir", peut-on y lire.

"Dans les salles de spectacle, les organisateurs sont tenus responsables en cas de foyer épidémique, donc personne n'ose plus rien organiser", a dénoncé auprès de l'AFP Ketty Gourlet, présidente du collectif Intermittents et entrepreneurs du spectacle et de l'événementiel. Selon elle, "ce sont des milliers d'emplois qui vont sauter" car "tout le monde est relié".

"Dans les TGV et le métro, tout le monde est entassé sans que cela ne pose problème. Mais nous, on nous impose des protocoles impossibles à respecter, (...) Comment paye-t-on les artistes, les techniciens ? Cela devient stupide !", a-t-elle déploré, alors même que "très peu de cas ont été rapportés dans les établissements festifs".

"Il faut vraiment qu'on ait des vraies compensation"

Les manifestants - dont certains doivent s'entretenir mercredi avec le préfet des Hauts-de-France - réclament notamment l'exonération des charges, la mise en place de primes d'urgence et la prolongation de l'"année blanche" au-delà du 31 août 2021.

Yves Durève, magicien ventriloque, a vu son chiffre d'affaires chuter drastiquement depuis mars : 600 euros au total, contre 1.200 euros par mois auparavant. "On est très inquiets par rapport aux fêtes de Noël, 5 spectacles prévus contre 20 d'habitude et on a peur que ce soit encore annulé", s'est-il alarmé à l'AFP en portant sur l'épaule un cercueil symbolique où est inscrit "Artiste" avec la date du 17 mars 2020.

"Aujourd'hui, on a l'impression d'être considérés comme les seuls responsables : on peut comprendre les mesures, mais il faut vraiment qu'on ait des vraies compensations pour permettre à nos entreprises de continuer de vivre", a demandé pour sa part Jean-Marc Morez, gérant d'une société de traiteur-organisateur, qui "vit sur ses économies".

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