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Convocation de l'ambassadeur de Chine : la France "entend être respectée", assure Jean-Yves Le Drian

Convocation de l'ambassadeur de Chine : la France "entend être respectée", assure Jean-Yves Le Drian
Jean-Yves Le Drian à Paris, le 4 mars 2020.

, publié le lundi 20 avril 2020 à 11h07

Pékin avait évoqué des "malentendus" après la publication par son ambassadeur d'un texte incendiaire sur la situation en France.

L'ambassadeur de Chine à Paris a été convoqué la semaine dernière parce que la France entend être "respectée" sur la scène internationale, a expliqué lundi 20 avril Jean-Yves Le Drian. Le ministre des Affaires étrangères s'inquiète par ailleurs de l'impact de la pandémie sur les relations internationales.

"Je ne peux pas accepter que le personnel de nos Ehpad (Établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) se trouve calomnié par qui que ce soit, y compris par l'ambassade de Chine. Je l'ai fait savoir", a-t-il déclaré dans une interview au quotidien Le Monde. "Nous entendons être respectés comme la Chine, elle, souhaite l'être", a-t-il souligné.

"Nous avons des relations de dialogue et de coopération, qui nous amènent à dire ce qu'on pense", a-t-il ajouté. 


Dans un long article paru le 12 avril sur le site de l'ambassade de Chine en France, les personnels soignants des Ehpad sont accusés d'avoir "abandonné leurs postes du jour au lendemain (...) laissant mourir leurs pensionnaires de faim et de maladie". Dans ce texte intitulé "Rétablir des faits distordus - Observations d'un diplomate chinois en poste à Paris", les Occidentaux sont aussi accusés de dénigrer injustement la Chine après avoir qualifié la maladie Covid-19 de "grippette" au début de l'épidémie.

Jean-Yves Le Drian a convoqué le 14 avril l'ambassadeur Lu Shaye pour lui signifier sa "désapprobation" devant des propos non "conformes à la qualité de la relation bilatérale" entre la France et la Chine, avait alors expliqué le Quai d'Orsay. Pékin a évoqué dans la foulée des "malentendus" et démenti tout "commentaire négatif sur la façon dont la France fait face à l'épidémie" de coronavirus. Face à l'avalanche de critiques, l'ambassade de Chine a alors expliqué avoir visé en fait l'Espagne, où l'armée a retrouvé fin mars des personnes décédées dans ce type d'établissement. Mais l'utilisation de l'acronyme "Ehpad", peu utilisé en dehors des frontières française, a été perçu comme une référence aux maisons de retraites en France. Y compris par le chef de la diplomatie française.

In fine, la réaction de Pékin a "permis de lever tout malentendu, en insistant sur la nécessité de travailler ensemble dans un nouveau multilatéralisme", a estimé le ministre français des Affaires étrangères. 

La Chine occupe le vide laissé par les États-Unis

Un multilatéralisme mis à mal par la pandémie, a par ailleurs estimé Jean-Yves Le Drian. "Ma crainte, c'est que le monde d'après ressemble furieusement au monde d'avant, mais en pire", a-t-il déclaré.

"Il me semble que nous assistons à une amplification des fractures qui minent l'ordre international depuis des années. La pandémie est la continuation, par d'autres moyens, de la lutte entre puissances", a-t-il ajouté. Jean-Yves Le Drian a déploré "l'extension de la compétition internationale, voire de l'affrontement, à tous les secteurs", y compris sur le "terrain de l'information" où les grandes puissances rivalisent dans la comparaison de leur modèles respectifs de gestion de la crise du Covid-19.

Le "repli" des États-Unis, qui "semblent hésiter à jouer leur rôle de leadership au niveau mondial", complique toute "action collective" sur les grands enjeux mondiaux et encourage les aspirations de puissance de la Chine, a-t-il également relevé. "En conséquence, la Chine se sent en situation de pouvoir dire un jour 'je suis la puissance et le leadership'", a pointé le chef de la diplomatie française. 




  

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