Conversation "terrible" avec Trump : Macron invoque les "saucisses" de Bismarck pour éviter de commenter

Conversation "terrible" avec Trump : Macron invoque les "saucisses" de Bismarck pour éviter de commenter
Donald Trump et Emmanuel Macron à Washington, aux États-Unis, le 24 avril 2018.
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Orange avec AFP, publié le mercredi 06 juin 2018 à 13h52

Donald Trump n'aurait pas supporté d'être critiqué par Emmanuel Macron sur le conflit commercial engagé par les États-Unis.

Ils ont beau avoir affiché leur proximité aux yeux du monde entier -au point d'engendrer quelques commentaires amusés-, Emmanuel Macron et Donald Trump auraient eu une discussion "terrible" sur les taxes américaines, selon CNN. Mais pour éviter d'avoir à commenter le sujet, le président français a invoqué le célèbre chancelier allemand du XIXe siècle Otto von Bismarck.

"Je n'ai jamais raconté les coulisses", a répliqué le chef de l'Etat, interrogé lors d'une conférence de presse mardi 5 juin à Paris avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. "Parce que comme l'a dit Bismarck, si on expliquait aux gens la recette des saucisses, il n'est pas sûr qu'ils continueraient à en manger !"

Jeudi soir, le Français a appelé Donald Trump pour lui dire que sa décision d'imposer à l'Europe des taxes sur l'acier et l'aluminium était "illégale", "une erreur" et que l'UE riposterait. La Maison-Blanche et l'Elysée avaient rendu public sans commentaires cette conversation entre les deux hommes qui affichent une solide amitié. 

Mais une source a confié à CNN que l'échange avait été "terrible" car "Macron pensait qu'il pourrait exprimer le fond de sa pensée, vu leurs relations" mais que "Trump n'a pas supporté d'être critiqué de la sorte". Ce que le président français s'est catégoriquement refusé à confirmer. 

"Je suis attaché à ce que les gens voient le plat servi mais je ne suis pas persuadé que le commentaire de la cuisine aide au bon service du plat ou à sa bonne consommation. Des gens parlaient du coup de fil, ils ne viennent pas de chez moi !", a-t-il tranché. " Nous à Paris, on n'a pas l'habitude de faire du commentaire de comment ça s'est passé, si c'est chaud, si c'est froid, si c'est chaleureux, si c'est terrible... On fait et on avance". Il a juste reconnu que le dialogue avait été "franc".

" J'aurai à nouveau lors du G7 une discussion utile et franche avec le président Trump, comme j'en ai depuis le premier jour", a-t-il dit, à la veille de son départ pour le Canada pour un sommet du G7 vendredi et samedi. 

Le Premier ministre israélien connaissait visiblement les saucisses bismarckiennes. " Je suis d'accord, il n'est pas toujours positif de raconter le contenu de discussions. Bismarck a dit : on ne montre pas en bonne compagnie comment on fabrique les saucisses et comment on fait de la politique", a-t-il souri. Et, en citant à son tour, d'ajouter : "Woodrow Wilson, après la Première guerre mondiale, a dit qu'il croyait aux politiques ouvertes auxquelles on parvient ouvertement. Moi je crois à des politiques ouvertes auxquelles on parvient secrètement, car cela profite aux négociations si elles restent confidentielles".

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