Contre la précarité menstruelle, des distributeurs gratuits de protections périodiques dans les universités d'Île-de-France

Contre la précarité menstruelle, des distributeurs gratuits de protections périodiques dans les universités d'Île-de-France
Selon une étude, 33% des étudiantes ont besoin d'une aide financière pour l'achat de protections périodiques.

, publié le lundi 08 février 2021 à 22h50

Les universités seront bientôt équipées en distributeurs gratuits de protections périodiques bio. L'objectif ? faciliter l'accès et lutter contre la précarité menstruelle qui touche beaucoup de jeunes. 

Cette mesure a été votée jeudi 8 février par le Conseil régional d'Ile-de-France présidé par Valérie Pécresse qui examinait un plan plus global de lutte contre la précarité des jeunes, touchés de plein fouet par la crise économique.

Selon une étude, en France, 33% des étudiantes ont besoin d'une aide financière pour l'achat de protections périodiques.


"Après l'équipement de nos lycées, nous avons voté un fond régional de soutien à l'équipement des universités en distributeurs de protections périodiques gratuites pour lutter contre la précarité menstruelle des étudiantes", s'est félicitée Valérie Pécresse. Le fonds, dont le montant sera fixé et voté en avril, bénéficiera aux établissements volontaires qui en feront la demande, a précisé le Conseil régional.

465 lycées équipés d'ici fin 2020 

Ce type de distributeurs, qui fournissent gratuitement tampons et serviettes, sont déjà expérimentés depuis fin 2020 dans une trentaine de lycées franciliens. D'ici la fin de l'année, les 465 lycées publics de région en seront dotés, pour un coût d'un million d'euros. 

Selon une enquête Ifop de 2017, 1,7 million de femmes n'auraient pas les moyens d'acheter des protections périodiques, qui représentent un budget important, avec des conséquences sur leur santé, leur vie sociale ou leur scolarité. 

Distribution en libre-service de serviettes hygiéniques 

Une étude met en lumière que 33% des étudiantes ont besoin d'un soutien financier pour se procurer des protections hygiéniques. Elle a été réalisée par la FAGE, première organisation étudiante, sur un échantillon de 6 518 personnes et dévoilée lundi 8 février. 

L'Association nationale des étudiants sages-femmes, qui a réalisé l'enquête avec la FAGE, demande de son côté que les protections menstruelles "soient accessibles aux personnes précaires, avec des distributions en libre-service dans les lieux publics et non pas que dans les toilettes" des femmes. 

"C'est un tabou. Quand on voit qu'il y a une étudiant ou étudiante sur 10 qui a loupé les cours ou le travail par peur d'avoir une fuite, c'est quand même alarmant. On voudrait qu'il y ait aussi une politique d'information et de sensibilisation au sujet pour tout le monde", demande Bérénice Brazs, vice-présidente de l'association.

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