Conseil de défense écologique : le projet "Montagne d'or" en Guyane enterré 

Conseil de défense écologique : le projet "Montagne d'or" en Guyane enterré 
Le ministre de la Transition écologique François de Rugy et le Premier ministre Édouard Philippe le 23 mai à l'Élysée.

Orange avec AFP-Services, publié le jeudi 23 mai 2019 à 15h01

Le tout premier Conseil de défense écologique (CDE) était réuni jeudi matin à l'Élysée. Le projet "Montagne d'or", en Guyane", a été jugé "incompatible avec les exigences de protection de l'environnement". 

Le Premier Édouard Philippe et le ministre de la Transition écologique François de Rugy ont récapitulé les actions écologiques du gouvernement à l'issue du premier Conseil de défense écologique (CDE) réuni jeudi 23 mai à l'Elysée.

La principale annonce : l'arrêt du projet Montagne d'or en Guyane. "Le projet Montagne d'or ne se fera pas", a déclaré François de Rugy, après avoir expliqué que le CDE avait "constaté l'incompatibilité du projet avec les exigences de protection de l'environnement". Emmanuel Macron avait déjà émis de sérieuses réserves quant à ce projet lundi 6 mai. 

Le projet "Montagne d'or" était le plus important projet français de mine d'or à ciel ouvert, rappelle Le Parisien. Il s'agissait de "l'exploitation à partir de 2022 d'une mine de 2,5 km de long en pleine forêt tropicale, avec un procédé de récupération de l'or par cyanuration en circuit fermé", poursuit le quotidien. 750 emplois directs et 3.000 indirects étaient concernés. Mais depuis plusieurs années, les associations écologistes dénoncent un projet destructeur pour la biodiversité. 



Les exigences environnementales dans le Code minier 

Le CDE, qui se réunissait pour la première fois jeudi, a aussi décidé de réformer le Code minier pour y intégrer les exigences environnementales à tous les processus miniers, réforme qui sera présentée en conseil des ministres en décembre, a précisé François de Rugy.


Le ministre a également annoncé la mise en place d'un observatoire de l'artificialisation des sols, qui produira plus de connaissances par département, en vue d'un calendrier pour aller vers le "zéro artificialisation". Il s'agit pour le gouvernement de limiter l'impact de ces sols artificiels (sols bâtis, revêtus...) sur la biodiversité. 

Sur les emballages, des travaux ont été annoncés en vue de la mise en place de la consigne des emballages plastiques et aluminium.

"Nous n'allons pas assez vite" 

Le gouvernement est "déterminé à obtenir des résultats concrets et rapides" sur le climat et la biodiversité, a déclaré le Premier ministre. "Nous devons aller plus vite et plus loin" en matière d'écologie mais "sans renoncer à notre ambition de produire davantage de richesses en France", a-t-il affirmé, avant de présenter quelques axes de travail, connus pour la plupart.


"Toutes les politiques publiques doivent être irriguées par cette préoccupation et intégrer les logiques de préservation du climat", a ajouté Édouard Philippe. "Après avoir constaté que nous avons fait beaucoup, nous pouvons considérer que nous n'allons pas assez vite et, peut-être, pas assez loin". 

Opportunisme politique ? 

"Notre conviction est que nous allons y arriver. A l'évidence, le combat n'est pas perdu", a estimé le Premier ministre, pour qui ce Conseil doit être "l'outil décisionnel ultime".

Répondant à ceux qui accusent le gouvernement d'"opportunisme politique" en réunissant ce nouveau Conseil à trois jours des européennes, Édouard Philippe a répondu : "nous en parlons, ils nous critiquent, nous n'en parlerions pas, on critiquerait".  "C'est la vie politique, je la connais, je la respecte, mais de façon encore un tout petit peu plus importante que la vie politique, il y a ce que fait le pays pour être à la hauteur des enjeux."

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